Home MondePositions divergentes sur l’accord UE-Mercosur : pourquoi certains experts sont « pour » et d’autres « contre »

Positions divergentes sur l’accord UE-Mercosur : pourquoi certains experts sont « pour » et d’autres « contre »

by Clara Dubois

Publié le 12 janvier 2026 à 15h22. L’Union européenne s’apprête à finaliser un accord de libre-échange avec le Mercosur, un bloc économique majeur d’Amérique latine, suscitant des réactions contrastées quant à ses conséquences pour les producteurs européens, notamment dans le secteur agricole.

  • L’accord prévoit l’importation de quotas importants de viande bovine (jusqu’à 99 000 tonnes par an), de volaille (180 000 tonnes) et de porc (25 000 tonnes) en franchise de droits douaniers.
  • Des experts s’opposent sur l’impact de cet accord : certains y voient une opportunité pour l’industrie européenne, d’autres un risque de distorsion de la concurrence et de faillites agricoles.
  • La Bulgarie pourrait être particulièrement affectée par l’importation d’éthanol, concurrençant sa propre production d’alcool.

Après près de 25 ans de négociations, l’Union européenne est sur le point de signer un accord de libre-échange avec le Mercosur, regroupant le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Cet accord vise à faciliter les échanges commerciaux entre les deux blocs, en supprimant les droits de douane sur de nombreux produits. Cependant, cette perspective divise les opinions, notamment en France et en Bulgarie, où l’on craint des conséquences négatives pour certains secteurs.

L’ancien ministre de l’Agriculture et conseiller du président bulgare, Yavor Gechev, a mis en garde contre les risques de cet accord. Il a souligné que les agriculteurs européens sont soumis à des normes environnementales plus strictes que leurs concurrents sud-américains, ce qui pourrait fausser la concurrence. Selon lui, l’UE privilégie les intérêts des consommateurs au détriment de ses producteurs. Il a également rappelé que l’Union européenne a enregistré ces dernières années un nombre record de faillites dans le secteur agricole.

« L’accord prévoit l’importation en franchise de droits de douane dans l’UE jusqu’à 99 000 tonnes de bœuf par an, 180 000 tonnes de volaille et 25 000 tonnes de porc. Cela fausserait le marché, car les agriculteurs européens sont soumis à des exigences environnementales nettement plus strictes. »

Yavor Gechev, ancien ministre de l’Agriculture et conseiller du président bulgare

Gechev a également exprimé son inquiétude concernant l’importation prévue d’environ 200 000 tonnes d’éthanol par an, ce qui pourrait nuire à la production d’alcool en Bulgarie, un secteur important de l’économie nationale.

À l’inverse, l’analyste financier Preslav Raykov se montre optimiste quant aux retombées de cet accord. Il estime qu’il offrira de nouvelles opportunités aux entreprises européennes, notamment dans les secteurs de la construction mécanique et des services, en leur permettant d’exporter vers les marchés en développement d’Amérique latine. Il prévoit également des bénéfices pour l’industrie automobile européenne.

« L’industrie bulgare aura la possibilité d’exporter des machines, des équipements et des services vers les marchés où la production industrielle est encore en développement. »

Preslav Raykov, analyste financier

Raykov ne considère pas le Mercosur comme une menace pour l’agriculture européenne, arguant que l’Ukraine est déjà un important fournisseur agricole sur le marché européen. Il estime que les principaux bénéficiaires de cet accord seront l’industrie, le secteur de la transformation et l’industrie pharmaceutique.

Pour en savoir plus sur ce débat, vous pouvez visionner la conversation complète ici.

Editeur : Darina Metodieva

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