Home AffairesIPC américain : ce que le marché attend

IPC américain : ce que le marché attend

by Amélie Bernard

Publié le 12 janvier 2026 à 20h59. Les marchés financiers attendent avec une attention particulière la publication de l’indice des prix à la consommation (IPC) de décembre aux États-Unis, un indicateur clé qui pourrait influencer les prochaines décisions de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt.

  • La publication de l’IPC de décembre aux États-Unis est cruciale pour évaluer la santé de l’économie américaine et l’évolution de l’inflation.
  • La fermeture gouvernementale américaine de 43 jours a perturbé la collecte de données statistiques, introduisant une incertitude supplémentaire dans l’interprétation des chiffres.
  • Les analystes prévoient une hausse mensuelle de 0,3 % de l’IPC général et de l’IPC sous-jacent, avec une inflation annuelle stable à 2,7 %.

Les investisseurs scrutent l’indice des prix à la consommation (IPC) de décembre aux États-Unis, dont la publication est prévue ce mardi. Ce chiffre est perçu comme un baromètre essentiel pour anticiper l’orientation de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Après une période de volatilité liée à des difficultés de collecte de données et des perspectives économiques mitigées, ce rapport pourrait éclairer les prochaines étapes de la banque centrale américaine.

L’économie américaine aborde cette publication après avoir surmonté la plus longue fermeture administrative de son histoire, qui a duré 43 jours. Cet épisode a non seulement paralysé l’administration, mais a également affecté la qualité des statistiques officielles. En octobre et novembre, le Bureau des statistiques du travail (BLS) a dû recourir à des méthodes d’estimation, en supposant que les prix restaient stables en raison de l’impossibilité de mener des enquêtes sur le terrain pendant la fermeture.

Parallèlement, le marché du travail américain affiche des signaux contradictoires. Bien que le taux de chômage ait légèrement diminué à 4,4 % en décembre, les créations d’emplois sont restées stagnantes. Dans ce contexte incertain, la Fed se trouve à un carrefour. Après avoir abaissé ses taux d’intérêt à trois reprises pour soutenir l’emploi, elle est désormais confrontée à une inflation qui semble se stabiliser autour de 3 %, un niveau supérieur à l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale.

Le graphique ci-joint révèle une dynamique complexe des composantes de prix, suggérant que la désinflation pourrait ralentir. Le sous-indice des prix des services ISM a diminué à 64,30 points, son niveau le plus bas depuis mars, mais reste en territoire d’expansion. Cela indique que les pressions salariales et opérationnelles dans le secteur des services continuent de stimuler l’IPC sous-jacent. En revanche, la stabilisation de l’indice ISM manufacturier à 58,50 points confirme que la baisse des prix des biens a cessé, probablement en raison de l’augmentation des coûts de transport et de l’impact des politiques tarifaires.

Ce que le marché anticipe

Les analystes s’accordent à prévoir une hausse mensuelle de 0,3 % de l’indice des prix à la consommation (IPC) général et de l’IPC sous-jacent. Sur une base annuelle, l’inflation devrait se maintenir autour de 2,7 %.

Plusieurs facteurs pourraient influencer l’interprétation des chiffres :

  • Correction du biais post-arrêt : Le rapport de novembre a montré un ralentissement que de nombreux économistes considèrent comme artificiel, en raison du décalage dans la collecte de données causé par la fermeture du gouvernement. La publication de décembre devrait compenser ce biais à mesure que les prix se normalisent, notamment en raison de l’impact du Black Friday.
  • Ajustement des frais de logement : Le composant logement, qui représente une part importante de l’IPC, a été affecté par la méthodologie utilisée pendant la fermeture, qui supposait à tort l’absence de variation des loyers. Les données de demain devraient refléter les augmentations accumulées, ce qui pourrait exercer une pression à la hausse sur l’indice.
  • Transmission des tarifs : Les économistes mettent en garde contre l’impact de l’incertitude commerciale et des droits de douane sur les prix finaux. Des secteurs tels que l’automobile et l’électronique grand public pourraient subir une « gueule de bois » de coûts élevés, ce qui freinerait la baisse de l’inflation des biens observée en début d’année.

Scénarios et réaction du marché

La réaction des marchés dépendra de l’écart entre les données réelles et les 2,7 % attendus.

Nasdaq 100 (S1) : la bataille pour les 26 000

L’indice se situe dans une zone de décision cruciale. La tendance haussière à court terme a permis au prix de tester la résistance psychologique des 26 000 points. Le graphique montre le Nasdaq se négociant juste au-dessus de 25 841. La proximité des extensions de Fibonacci suggère que le marché adhère à l’idée d’une économie résiliente, soutenue par le secteur des services ISM, mais le seuil des 26 000 reste solide.

Scénario 1 : IPC supérieur à 2,8 % (surprise à la hausse) : Les valeurs technologiques pourraient souffrir de la perspective de taux d’intérêt plus élevés pendant plus longtemps. L’indice, qui teste actuellement la résistance des 26 000 points, pourrait subir une fausse cassure et se corriger vers la zone de support de 25 841.

Scénario 2 : IPC inférieur ou égal à 2,6 % (refroidissement inattendu) : Cela validerait la rupture des 26 000 points, ouvrant la voie à des niveaux d’extension de Fibonacci vers 26 306 (161,8 %), motivée par l’espoir que la Fed reprendra les baisses de taux plus tôt que prévu.

Tableau des prix du NasdaqSource : xStation5.

EUR/USD (S1) : le dollar se cache sous la ligne de tendance

La paire euro-dollar présente une structure plus vulnérable, reflétant la force du dollar compte tenu de la pause dans les baisses de taux de la Fed. On observe une tendance baissière marquée qui a repoussé toute tentative de reprise. Le prix évolue autour de 1,164, avec un support plus important identifié à 1,159.

Scénario 1 : IPC supérieur à 2,8 % (surprise à la hausse) : La paire pourrait accentuer sa tendance baissière actuelle. Un IPC élevé renforcerait le dollar en reportant toute attente de baisse de taux au premier trimestre 2026. Techniquement, la paire a respecté une tendance baissière marquée et des données solides pourraient la propulser vers le support critique de 1,159.

Scénario 2 : IPC inférieur ou égal à 2,6 % (refroidissement inattendu) : Nous assisterions à un rebond immédiat de soulagement. La paire chercherait à briser la résistance à court terme à 1,169 pour tenter de se stabiliser après des semaines de pression vendeuse.

Tableau des prix en eurosSource : xStation5.

____________
👉 Ouvrez votre compte réel chez XTB ici

“Ce rapport est fourni à titre d’information générale et à des fins éducatives uniquement. Toute opinion, analyse, prix ou autre contenu ne constitue pas un conseil ou une recommandation d’investissement en vertu de la loi du Belize. Les performances passées ne sont pas nécessairement indicatives des résultats futurs, et toute personne agissant sur la base de ces informations le fait à ses propres risques. Les produits avec effet de levier comportent un niveau de risque élevé. Assurez-vous de bien comprendre les risques associés.”

You may also like

Leave a Comment