Le président américain Donald Trump a rejeté une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz en sept jours, tout en affirmant que les États-Unis y ont acheminé un volume record de pétrole. Cette confrontation diplomatique et maritime maintient les cours du brut à un niveau élevé et pèse lourdement sur le coût du carburant pour les consommateurs américains.
La crise dans le détroit d’Ormuz se poursuit. Alors que la confrontation militaire entamée le 28 février dernier se poursuit, les canaux diplomatiques peinent à trouver une issue durable. L’Iran a récemment soumis une feuille de route prévoyant une désescalade en sept jours, incluant la réouverture de ce passage stratégique par lequel transite habituellement un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Le rejet du plan de réouverture iranien par Washington
Présentée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York par le biais de médiateurs qataris et pakistanais, la proposition de Téhéran suggérait une série d’étapes sur une semaine. Le projet prévoyait notamment la levée du blocus naval américain, des dérogations sur les sanctions pétrolières et le dégel d’environ 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens. Le détroit devait rouvrir au sixième jour, avant l’ouverture de négociations plus larges.
Le président américain Donald Trump a opposé une fin de non-recevoir à cette initiative diplomatique.
Washington estime que le plan initial présenté par Téhéran exigerait la suppression de ses principaux leviers de pression avant même d’entamer les discussions sur les dossiers nucléaires, balistiques et régionaux. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que son pays attendait toujours une transmission formelle de la position américaine par les canaux diplomatiques, bien que la réaction publique du président américain soit connue.
L’acheminement de volumes records de pétrole et la réaction des marchés
Malgré les tensions persistantes dans la région, le trafic maritime à travers le passage stratégique montre des signes de reprise partielle. Le commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé le 19 septembre avoir facilité le transport sécurisé de pétrole brut au cours des derniers mois. Le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, a précisé que ces opérations ont permis d’assister des navires commerciaux.
Le président américain a accentué ces déclarations en affirmant depuis la Maison-Blanche qu’un volume sans précédent de brut avait été transporté hors de la zone.

Cette situation de bras de fer continue d’influer sur les marchés mondiaux de l’énergie. Vendredi 25 septembre, le baril de Brent de la mer du Nord a clôturé à 104,32 dollars, tandis que le brut américain WTI s’est établi à 92,41 dollars. Malgré un repli enregistré en fin de semaine en réaction aux discussions diplomatiques, les cours demeurent à des sommets historiques.
L’impact économique direct sur le quotidien aux États-Unis
L’essence ordinaire aux États-Unis avoisine les 4,49 dollars le gallon, marquant une hausse sensible par rapport aux 3,16 dollars affichés un an auparavant. Quant au diesel, son prix dépasse désormais la barre des 6 dollars le gallon, soutenu par des stocks nationaux tombés à leur plus bas niveau saisonnier depuis le début des relevés statistiques en 1982.
Face à la flambée des prix des carburants, le chef de l’État s’est voulu rassurant quant à une future baisse des coûts de l’énergie, liant directement l’évolution des marchés à l’issue de la guerre.
Tandis que Téhéran maintient sa position sur son programme nucléaire et refuse toute coercition, les autorités iraniennes ont averti les armateurs commerciaux contre l’emprunt de routes maritimes non autorisées, rappelant que la sécurité de la navigation reste subordonnée à l’évolution du rapport de force politique.