Réunis à la Maison-Blanche, les dirigeants des principales entreprises d’intelligence artificielle ont signé un accord d’autorégulation qualifié de moralement contraignant par Donald Trump, qui rejette toute législation fédérale pour préserver la compétitivité technologique des États-Unis.
L’administration américaine écarte toute velléité d’encadrement législatif ou réglementaire fédéral pour le secteur de l’intelligence artificielle. À la place, le chef d’Etat a passé un accord « moralement contraignant » avec une vingtaine de dirigeants des firmes américaines d’IA, par lequel ils se sont engagés à s’autoréguler. Mardi, ces patrons ont signé un document qui rebaptise l’IA « super-intelligence », comme le souhaitait le président. « C’est presque comme une constitution », s’est enthousiasmé le président des États-Unis au sortir d’une réunion à la Maison-Blanche avec ces éminents dirigeants et entrepreneurs, le speaker de la Chambre des représentants Mike Johnson, ainsi qu’une brochette de hauts responsables de l’administration.
Ce document, paraphé par les entrepreneurs lors d’un déjeuner à la Maison-Blanche, formalise une transition sémantique voulue par l’exécutif : le terme « intelligence artificielle » cède officiellement la place à celui de superintelligence, une appellation jugée plus en phase avec la puissance de ces technologies, selon un décret publié par Donald Trump sur son réseau Truth Social. Selon lui, ce terme « rend mieux compte des promesses, du potentiel et des capacités en évolution de ces technologies ». Le président a ajouté qu’il signerait plus tard mardi un document instituant officiellement la terminologie « super intelligence » au lieu d’« intelligence artificielle. »
Les figures de la Silicon Valley autour de la table présidentielle
La rencontre a rassemblé trente et un convives, parmi lesquels figuraient des dirigeants de premier plan et des figures influentes du secteur. Étaient notamment présents le président d’OpenAI Greg Brockman, Dario Amodei d’Anthropic, Mark Zuckerberg de Meta, Sundar Pichai de Google, ainsi que Jensen Huang de Nvidia et Elon Musk (Tesla, X, SpaceX, Grok) aux côtés du chef de l’État.

Le président américain a salué l’atmosphère de la réunion devant la presse, soulignant l’engagement des patrons.
« C’est un sentiment d’amour pour notre pays, ils veulent tous agir de la bonne manière »
Donald Trump, président des États-Unis
Parmi les participants figuraient également Jeff Bezos d’Amazon, l’investisseur et ancien conseiller spécial de Donald Trump sur l’IA David Sacks, la directrice de cabinet de Donald Trump Susie Wiles, ainsi que Lisa Su, patronne d’AMD, pour un total de trente et un convives incluant seulement deux femmes.
Entre rejet des contraintes fédérales et inquiétudes de l’opinion publique
Hostile à tout encadrement contraignant qui briderait selon lui le développement de l’IA et donc la puissance technologique américaine, l’exécutif mise entièrement sur la discipline des entreprises. « Il y a ce sentiment qu’il devrait y avoir une très grande auto-régulation, et nous avons une régulation automatique avec le ministère de la Justice, le FBI, tout ça. Mais l’auto-régulation est très importante », a dit Donald Trump, qui a assuré que les grands dirigeants du secteur voulaient « agir de la bonne manière. »

Cette approche contraste nettement avec l’état d’esprit de la population. Plusieurs incidents de sécurité ces derniers mois et des mises en garde très sombres sur les dangers encourus par l’humanité ont fait de l’IA un sujet de campagne à l’approche des législatives du 3 novembre. Selon un sondage publié par CNN, 82% des Américains sont inquiets face au développement de cette technologie.
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