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une réaction courante et très méconnue

by Sophie Martin

Publié le 2024-07-18 10:00:00. De nombreuses personnes pensent souffrir d’allergie au poisson, alors qu’il s’agit souvent d’une intoxication alimentaire méconnue, la scombroidose, due à une mauvaise conservation du produit.

  • La scombroidose est une intoxication alimentaire fréquente, mais souvent confondue avec une allergie au poisson.
  • Elle est causée par la prolifération de bactéries dans le poisson mal conservé, transformant l’histidine en histamine.
  • Une bonne conservation du poisson, notamment le maintien de la chaîne du froid, est essentielle pour prévenir la scombroidose.

De nombreux patients se présentent aux consultations de la Clinique Dermatologique Internationale et de l’Hôpital International Ruber, inquiets après avoir présenté des symptômes qu’ils attribuent à une allergie au poisson. Or, dans de nombreux cas, il ne s’agit pas d’une véritable allergie, mais d’une intoxication alimentaire spécifique : la scombroidose.

« C’est l’une des intoxications alimentaires les plus fréquemment associées à la consommation de poisson, mais en même temps l’une des moins connues », explique le Dr. Pedro Rodríguez, chef du service adjoint de dermatologie de l’Hôpital International Ruber.

La scombroidose n’est pas une allergie à proprement parler, bien que les symptômes puissent s’y apparenter. La différence fondamentale réside dans le mécanisme : au lieu d’une réaction du système immunitaire, il s’agit d’une réaction toxique provoquée par l’ingestion d’histamine.

Certains poissons, notamment ceux dits à « chair brune » comme le thon, le maquereau, la bonite, le hareng ou l’espadon, contiennent un acide aminé appelé histidine. Ces poissons appartiennent à un genre appelé Scombridés, d’où le nom de cette intoxication.

Si le poisson n’est pas conservé correctement au froid dès sa capture, les bactéries qui se développent transforment cette histidine en histamine. En consommant ce poisson, on ingère une quantité importante d’histamine, ce qui provoque une réaction semblable à une allergie.

« La clé est la conservation du poisson », insiste le Dr Rodríguez. « Ce n’est pas le poisson lui-même qui pose problème, mais l’accumulation d’histamine due à un mauvais refroidissement. »

Comment se manifeste la scombroidose ?

Les symptômes apparaissent généralement entre 10 et 30 minutes après avoir mangé le poisson. Les signes les plus caractéristiques affectent la peau :

  • Rougeur intense du visage (rinçage), notamment au niveau du visage, du cou et du haut de la poitrine.
  • Démangeaisons, brûlures ou sensation de chaleur, en particulier au niveau du visage.
  • Urticaire ou éruption cutanée (urticaire), similaire à une réaction allergique.
  • Goût métallique ou épicé, comme si le poisson était « fort ».
  • Dans certains cas, il peut également y avoir nausées, maux de tête, vertiges ou diarrhée.

Pourquoi la scombroidose est-elle confondue avec une allergie ?

La similitude des symptômes et le fait qu’ils soient souvent traités avec des antihistaminiques amènent de nombreuses personnes à croire qu’elles ont soudainement développé une allergie alimentaire. Or, une véritable allergie qui se déclare à l’âge adulte est rare.

« L’un des indices les plus importants est que si le patient mange à nouveau le même type de poisson lors d’une autre occasion, mais correctement conservé, aucun problème ne se manifeste. Cela confirme qu’il ne s’agit pas d’une allergie, mais d’une scombroidose », précise le Dr Rodríguez.

Comment prévenir la scombroidose ?

L’histamine n’est pas détruite par la chaleur, donc la cuisson, le fumage ou la mise en conserve du poisson n’éliminent pas le risque s’il est déjà contaminé. Par conséquent, la prévention est essentielle :

  1. Maintenir la chaîne du froid : Achetez du poisson frais bien conservé sur glace et transportez-le dans des sacs isothermes si possible.
  2. Achetez dans des établissements de confiance : Assurez-vous que l’établissement respecte des normes d’hygiène et de conservation élevées.
  3. Conservation à la maison : Si vous ne comptez pas consommer le poisson immédiatement, conservez-le dans la partie la plus froide du réfrigérateur ou congelez-le immédiatement.

Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent en quelques heures avec un traitement aux antihistaminiques. Toutefois, si les symptômes sont intenses ou si des doutes subsistent quant à leur origine, il est conseillé de consulter un médecin en urgence.

« Il est essentiel de ne pas s’alarmer ou d’éliminer le poisson de son alimentation sans une évaluation médicale appropriée. Le problème n’est pas le poisson, mais la manière dont il a été conservé », conclut le Dr Rodríguez.

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