Publié le 13 janvier 2024 à 04h30. Des milliers de personnes en Scanie vivent avec la migraine, une maladie souvent négligée malgré son impact significatif sur la qualité de vie et l’économie. Une conseillère régionale plaide pour une amélioration des soins et un accès plus rapide aux traitements.
- Entre 168 000 et 210 000 habitants de Scanie souffrent de migraines, dont 21 000 sont touchés par la forme chronique.
- Les femmes sont deux fois plus susceptibles de souffrir de migraines que les hommes, ce qui en fait également une question d’égalité des sexes.
- Un accès plus rapide aux soins spécialisés et une meilleure coordination des soins pourraient permettre d’économiser des milliards de couronnes suédoises chaque année.
Chaque jour, de nombreux habitants de Scanie se réveillent avec une douleur lancinante qui les empêche de mener une vie normale. Cette souffrance, souvent invalidante, est celle de la migraine, une maladie neurologique qui touche une part importante de la population et qui reste pourtant trop souvent sous-diagnostiquée et mal prise en charge.
Selon une enquête menée par la région de Scanie en 2022, entre 168 000 et 210 000 personnes sont atteintes de migraines, sous différentes formes et avec des degrés de gravité variables. Pour la majorité, cela se traduit par des périodes de douleur intense, mais pour environ 21 000 personnes, la maladie évolue vers une forme chronique, caractérisée par des symptômes présents plus de la moitié des jours du mois.
La migraine a un impact considérable sur la vie des patients. Les relations personnelles sont mises à rude épreuve, les opportunités professionnelles peuvent être compromises et la vie sociale se rétrécit. L’Institut d’économie des soins de santé (IHE) estime que la migraine coûte chaque année plusieurs milliards de couronnes suédoises (valeur originale conservée) à la société, non pas tant en raison des coûts directs des soins, mais surtout en raison de l’absentéisme et de la perte de productivité.
L’amélioration de l’accès aux soins spécialisés est un enjeu majeur. Actuellement, la qualité et la rapidité de la prise en charge dépendent souvent du lieu de résidence du patient ou de la sensibilité du médecin traitant. Cette situation entraîne des délais d’attente inacceptables pour obtenir un diagnostic précis et un traitement adapté. Pendant ce temps, la migraine peut s’aggraver et passer d’une forme occasionnelle à une forme chronique.
La solution réside dans la mise en place d’une structure claire et l’utilisation de technologies modernes. Des directives nationales pour le diagnostic, le traitement, la réadaptation et le suivi sont en cours d’élaboration. Elles fourniront aux professionnels de santé des recommandations précises et permettront d’offrir des soins personnalisés et adaptés aux besoins de chaque patient.
Dans l’idéal, neuf patients sur dix devraient pouvoir bénéficier d’une prise en charge efficace dans leur centre de santé. Pour cela, il est essentiel que les centres de santé disposent des connaissances et des ressources nécessaires pour assurer un suivi régulier de leurs patients. L’objectif est de dépister les patients le plus tôt possible afin d’éviter que la maladie ne devienne chronique. Pour les 10 % des patients souffrant de migraines plus sévères, une orientation rapide vers un neurologue ou un spécialiste de la douleur est indispensable. Enfin, pour le 1 % des cas les plus complexes, une unité hautement spécialisée est nécessaire.
La région de Scanie dispose d’atouts considérables pour mener à bien cette transformation. Grâce à la présence d’un hôpital universitaire de premier plan et de chercheurs de renom, les connaissances nécessaires sont déjà disponibles. Une étude est actuellement en cours pour évaluer la faisabilité de la création d’une clinique de céphalées intégrant des consultations numériques et des examens physiques. Cette approche permettrait d’améliorer l’accessibilité aux soins pour les patients de toute la région, qu’ils vivent en ville ou à la campagne, et d’optimiser l’utilisation du temps des spécialistes.
La migraine ne doit plus être considérée comme un problème de santé marginal. Avec une volonté politique forte et une orientation claire, la Scanie peut construire un système de soins moderne, équitable et durable, capable de prendre en charge efficacement la souffrance des patients et de mettre à profit les avancées de la recherche.
L’AUTEUR
Marlen Ottesen, conseillère régionale des Démocrates suédois en Scanie
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