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L’opposition vénézuélienne estime que les libérations ne sont pas respectées

by Clara Dubois

Publié le 14 janvier 2026 à 03h00. L’opposition vénézuélienne remet en question l’ampleur de la libération de prisonniers politiques annoncée par le gouvernement, dénonçant un manque de transparence et des conditions d’exécution non respectées. Cette remise en question intervient alors que le pouvoir chaviste affirme avoir libéré plus de 400 détenus dans un geste de “conciliation nationale”.

  • Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia, figures de l’opposition, affirment que le nombre réel de libérations est bien inférieur à ce que proclame le gouvernement.
  • Des familles de détenus restent campées devant les prisons, dans l’attente d’informations sur la libération de leurs proches, sans avoir reçu de liste officielle.
  • Le gouvernement vénézuélien, par la voix de Jorge Rodríguez, insiste sur le caractère “unilatéral” de cette mesure et qualifie les libérés de “personnes ayant commis des infractions à la loi”, et non de prisonniers politiques.

L’opposition vénézuélienne a exprimé ce mardi 13 janvier 2026 son scepticisme quant à la “libération massive de prisonniers” annoncée cinq jours plus tôt par le régime de Nicolás Maduro. Maria Corina Machado et Edmundo González Urrutia ont déclaré que les conditions annoncées ne sont pas respectées et que le nombre de personnes effectivement libérées est significativement plus faible que celui communiqué par le gouvernement.

Selon un communiqué publié par les porte-parole des deux dirigeants, “le chiffre de 116 personnes libérées de prison, annoncé par le régime lundi 12 janvier, ne correspond pas à la réalité”. Les organisations de défense des droits de l’homme n’ont, à ce jour, pu vérifier la libération que de 56 personnes.

De son côté, Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, a affirmé qu’il y avait eu plus de 400 libérations et que d’autres suivraient, dans le cadre d’un “geste unilatéral” du gouvernement de son frère, Delcy Rodríguez. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de “prisonniers politiques, mais d’hommes politiques ayant commis des infractions à la loi, à la Constitution”. Il a également évoqué la libération de 160 personnes dès le 23 décembre 2024, ce qui pourrait faire référence à la libération de 99 prisonniers politiques en décembre dernier.

Lors d’une séance parlementaire diffusée sur la chaîne YouTube de l’Assemblée nationale vénézuélienne ANTV Venezuela, Rodríguez a déclaré :

« Si nous voulons promouvoir la coexistence pacifique, nous devons rectifier, nous devons rechercher des mécanismes où la parcimonie, la réunion et diminuer un peu l’arrogance, mais vous (les opposants) devez la réduire à la méchanceté. »

Machado et Urrutia dénoncent également le manque de transparence dans le processus de libération. Ils soulignent que “les listes des personnes qui seront libérées n’ont pas été publiées et les proches n’ont pas été informés du processus de libération”. Des centaines de familles restent ainsi campées devant les centres de détention, dépensant des ressources financières limitées et mettant leur santé en danger dans l’attente d’informations.

“Chaque jour en prison compte. La vie et la santé de centaines de personnes sont en jeu”, ont-ils ajouté, en référence à la mort en captivité d’Edison José Torres Fernández, 52 ans, qui est “le huitième prisonnier politique à mourir en prison depuis les élections du 28 juillet 2024”.

lgc (efe, afp)

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