Publié le 13 janvier 2024 à 13h01. La fragmentation d’Android, un problème persistant depuis deux décennies, est en train de trouver une solution inattendue : l’ascension fulgurante d’HarmonyOS, le système d’exploitation de Huawei, qui délaisse progressivement le code d’Android au profit d’une architecture entièrement nouvelle.
- Plus de 91,5 % des appareils Huawei sont désormais compatibles avec HarmonyOS 6, un taux d’adoption sans précédent.
- Huawei a adopté une stratégie d’intégration verticale, contrôlant à la fois le matériel et le logiciel, à l’instar d’Apple.
- Le passage à un micro-noyau, Hongmeng, permet une efficacité accrue et une plus grande agilité dans les mises à jour.
La fragmentation d’Android, c’est-à-dire la dispersion des versions du système d’exploitation sur les différents appareils, a toujours été un casse-tête pour Google. Les mises à jour sont souvent lentes à arriver, voire inexistantes sur certains modèles, laissant les utilisateurs avec des systèmes d’exploitation obsolètes et vulnérables. Mais une entreprise semble avoir trouvé la solution : Huawei, contraint de se passer d’Android suite aux sanctions américaines, a accéléré le développement de son propre système d’exploitation, HarmonyOS.
Les chiffres sont éloquents : 91,5 % des appareils Huawei sont désormais compatibles avec la dernière version d’HarmonyOS, la 6. Cette adoption massive contraste fortement avec le rythme beaucoup plus lent des mises à jour Android, même en Chine. Huawei a réussi à résoudre le problème endémique des mises à jour, un exploit qui témoigne d’une stratégie audacieuse et d’une exécution impeccable.
Le secret de cette réussite réside dans la transformation profonde de Huawei en un acteur verticalement intégré, à l’image d’Apple. Avec le lancement d’HarmonyOS Next (version 5), l’entreprise a supprimé tout le code Android existant. Cela signifie qu’elle n’est plus dépendante des délais de publication de Google, des mises à jour des pilotes Qualcomm ou des adaptations des couches de personnalisation. Huawei conçoit désormais ses propres puces (Kirin), écrit son propre noyau et distribue son propre logiciel, éliminant ainsi les goulots d’étranglement qui freinent des fabricants comme Samsung ou Xiaomi.
L’architecture d’HarmonyOS est également un élément clé de cette agilité. Huawei a remplacé le noyau Linux traditionnel par le noyau Hongmeng, un micro-noyau qui, selon l’entreprise, élimine les couches d’abstraction inutiles et offre une efficacité trois fois supérieure aux noyaux Linux traditionnels. Cette architecture permet des mises à jour plus rapides et plus fluides, ainsi qu’une meilleure optimisation des ressources.
Cette intégration profonde offre un second avantage à Huawei : la performance. L’entreprise utilise le logiciel pour compenser les lacunes de son matériel. En raison des sanctions américaines qui limitent son accès aux lithographies les plus avancées , ses puces sont techniquement en retard sur celles d’Apple ou de Qualcomm. Cependant, en optimisant le système d’exploitation pour son propre matériel, Huawei parvient à obtenir des améliorations graphiques significatives et une fluidité remarquable, même avec une simple mise à jour.
Les données des développeurs confirment cette tendance : les versions précédentes d’HarmonyOS (comme la 5.0.5) ne représentent plus qu’une part de marché marginale de 4 %. Cela témoigne d’une adoption massive par les utilisateurs de Huawei en Chine, encouragés par un écosystème complet qui s’étend des smartphones aux voitures en passant par les montres connectées.
Si la situation est différente à l’étranger , où HarmonyOS n’est pas encore largement disponible sur les téléphones, le message pour l’industrie est clair : pour garantir un support logiciel rapide et durable, il est essentiel de contrôler son propre destin, comme l’a fait Apple il y a près de 20 ans .
Image de couverture | Composition avec des images de Daniel Vega pour Xataka et Iván Linares pour Xataka Android
Dans Xataka Mobile : L’Europe a le potentiel d’HarmonyOS pour ne plus dépendre de Google et d’Apple. Il ne manque qu’une chose.
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