Publié le 14 janvier 2026 à 18h30. L’Iran a mis en garde les États-Unis contre toute attaque sur son territoire, menaçant de riposter en ciblant les bases américaines dans la région, alors que le pays est confronté à une vague de protestations réprimées dans le sang et à des tensions croissantes avec Washington.
- Le ministre iranien de la Défense a averti que toute base américaine impliquée dans une attaque contre l’Iran serait considérée comme une cible légitime.
- Les funérailles de plus d’une centaine de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations ont eu lieu ce mercredi à Téhéran.
- Les protestations, qui ont débuté le 28 décembre, ont fait au moins 1 850 morts et plus de 16 700 arrestations, selon les organisations de défense des droits de l’homme.
Dans un contexte de tensions exacerbées, le général de brigade Aziz Nafizardeh, ministre iranien de la Défense, a déclaré que son pays riposterait en attaquant les bases américaines dans la région si les États-Unis lançaient une offensive contre l’Iran. « L’Iran attaquera les bases américaines s’il est attaqué », a-t-il menacé, selon les agences de presse locales. Il a précisé que « toutes les bases américaines et les bases militaires d’autres pays de la région qui aident les États-Unis dans leurs attaques contre le sol iranien seront considérées comme des objectifs légitimes ». Selon lui, la réponse iranienne « sera douloureuse pour les ennemis ».
Ces déclarations interviennent alors que le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises menacé le régime iranien, notamment en raison des manifestations qui secouent la république islamique depuis deux semaines. Ces protestations, qui ont fait des centaines de morts, ont été déclenchées par des difficultés économiques et des revendications politiques. Trump avait déjà attaqué des installations nucléaires en Iran en juin dernier, une action qui, selon les autorités iraniennes, a causé la mort de plus d’un millier de personnes, principalement des civils. Téhéran avait alors riposté en attaquant une base américaine au Qatar voisin, une attaque qui n’a cependant pas eu de conséquences majeures.
Ce mercredi, l’Iran a organisé les funérailles de plus d’une centaine de membres des forces de sécurité décédés lors des manifestations qui ont débuté le 28 décembre. Les corps ont été transportés en procession depuis l’Université de Téhéran jusqu’au cimetière de la capitale persane, selon l’agence Mehr. Les médias officiels ont appelé à une forte participation citoyenne pour afficher l’unité face à la plus grande vague de protestations organisées dans le pays depuis des années. Le gouvernement iranien accuse les États-Unis et Israël d’être à l’origine de ces troubles.
Après une période de répression brutale, notamment jeudi et vendredi derniers, l’Iran est revenu progressivement à la normale. Cependant, toutes les communications vers l’étranger avaient été coupées pendant plusieurs jours, et une importante présence policière a été déployée dans tout le pays, en particulier à Téhéran. Les manifestations, qui ont atteint leur paroxysme jeudi dernier, ont conduit à des attaques contre des organisations publiques, des banques pillées et l’incendie de 53 mosquées, selon les sources officielles.
Les organisations de défense des droits de l’homme (HRA) ont confirmé la mort d’au moins 1 850 personnes, dont 9 mineurs, au cours des 17 jours de manifestations antigouvernementales en Iran. Plus de 16 700 arrestations ont également été recensées, selon l’agence de presse HRANA. HRANA.
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