Home Divertissement« Sous un autre angle »…un crime qui révèle la fragilité des liens humains

« Sous un autre angle »…un crime qui révèle la fragilité des liens humains

by Antoine Girard

Publié le 14 janvier 2026 16:23:00. Une pièce de théâtre koweïtienne, « Sous un autre angle », présentée au festival « Théâtre arabe » en Égypte, explore les fragilités des liens humains à travers l’enquête sur un meurtre énigmatique.

  • La pièce, écrite et jouée par Musaab Al-Salem et mise en scène par Muhammad Jamal Al-Shatti, a été saluée pour son approche novatrice et sa profondeur psychologique.
  • L’intrigue se déroule autour d’une enquête sur un meurtre dans un espace clos, où les témoignages et les souvenirs se croisent pour révéler un réseau complexe de relations.
  • Le réalisateur Muhammad Jamal Al-Shatti souligne l’importance de cette participation pour l’échange culturel avec un public arabe plus large.

Le théâtre koweïtien a marqué de son empreinte le festival « Théâtre arabe » en Égypte avec la présentation de « Sous un autre angle », une œuvre qui déconstruit les certitudes autour d’un crime pour interroger la nature des relations humaines. La pièce, jouée mardi soir sur la scène du théâtre « Al-Samer », a captivé le public par sa narration non linéaire et ses personnages complexes.

L’histoire débute avec l’ouverture d’une enquête officielle sur le meurtre d’une personne. L’enquêteur, au cœur de l’action, s’attache à recueillir des preuves, à interroger les témoins et les suspects, et à reconstituer le puzzle des événements. Mais rapidement, l’enquête se révèle être bien plus qu’une simple recherche de coupable. Des relations intimes et des secrets enfouis émergent, transformant l’affaire en une exploration des motivations profondes et des failles de chacun.

La pièce se distingue par sa structure narrative originale. L’incident est raconté à plusieurs reprises, sous différents angles, chaque nouvelle version apportant son lot de détails inédits et modifiant la perception de l’enquêteur. Les soupçons se portent notamment sur Sarah, la servante, et son fils Adam, mais la vérité reste insaisissable, constamment remise en question.

Les événements alternent entre le présent, marqué par les interrogatoires, et le passé, évoqué par les souvenirs des personnages. Ces souvenirs, parfois fragmentaires, parfois subjectifs, se superposent aux témoignages, créant une mosaïque de perceptions qui brouille les pistes et enrichit la complexité de l’intrigue.

Selon le réalisateur koweïtien Muhammad Jamal Al-Shatti, cette participation au festival représente un moment clé dans le parcours de l’équipe :

« Cette participation au festival « Théâtre arabe » est un tournant dans notre travail, non seulement en raison de la valeur du festival lui-même, mais aussi grâce à l’interaction directe qu’il permet avec un large public arabe, des critiques et des spécialistes. Être sélectionnés parmi plus de 150 œuvres soumises est une reconnaissance significative de l’effort artistique déployé par toute l’équipe. »

Muhammad Jamal Al-Shatti, réalisateur koweïtien

Al-Shatti a également souligné l’enthousiasme et l’engagement des acteurs, qui ont abordé cette expérience comme un véritable défi artistique. Il a insisté sur l’importance d’une construction minutieuse des personnages, en explorant leur profondeur psychologique et leurs motivations internes, afin de dépasser une simple performance extérieure.

La professeure de théâtre Samia Habib, de l’Académie des Arts, a qualifié la pièce d’« expérience esthétique distinctive » au sein du théâtre koweïtien. Elle a salué l’harmonie des différents éléments de la production et la profondeur humaine de la pièce :

« Tous les éléments du spectacle étaient harmonieux, présentant une profonde observation de la manière dont les individus se transforment et évoluent sous la pression des circonstances, dans un cadre intellectuel audacieux et ambitieux qui a été mis en œuvre avec une efficacité remarquable. »

Samia Habib, professeure de théâtre à l’Académie des Arts

Habib a également noté l’audace du réalisateur Mohammed Jamal Al-Shatti dans la présentation des idées et dans leur formulation visuelle et esthétique. Elle a cependant relevé quelques légères difficultés audio, dues au rythme soutenu du spectacle, mais a souligné que ces remarques ne diminuaient en rien l’efficacité globale du travail.

« Sous un autre angle », interprétée par Hassan Ibrahim et Haya Al-Saeed, et produite par la « Troupe de théâtre du Koweït », promet de laisser une trace durable dans le paysage théâtral arabe, en invitant le public à une réflexion profonde sur la complexité des relations humaines et la fragilité de la vérité.

« Sous un autre angle » représente le Koweït dans les compétitions du festival (Festival Management)
La pièce a été présentée sur la scène du Théâtre Samer (direction du festival)
La pièce s’est concentrée sur des détails liés à la vie de ses héros (Festival Management)
Un instantané du spectacle koweïtien (direction du festival)

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