Publié le 15 janvier 2026 à 04h20. L’Institut australien des sciences marines (AIMS) déploie une nouvelle génération de technologies robotisées et d’intelligence artificielle pour accélérer la restauration de la Grande Barrière de Corail, notamment grâce à l’aquaculture à grande échelle et un suivi précis des larves et des jeunes coraux.
- AIMS a considérablement augmenté sa capacité d’élevage de coraux, atteignant plus d’un million de jeunes coraux produits par le National Sea Simulator (SeaSim) pour la Grande Barrière de Corail.
- Des systèmes automatisés comme l’AutoSpawner et le CSLICS (Système de caméra d’imagerie des fraies et des larves de coraux) permettent d’optimiser la reproduction et la surveillance des coraux, réduisant les coûts et augmentant l’efficacité.
- Le développement du DGS (Système de guidage de déploiement) promet un déploiement plus ciblé et automatisé des jeunes coraux sur le récif.
La restauration de la Grande Barrière de Corail, un écosystème fragile menacé par le changement climatique, nécessite des approches innovantes. AIMS s’engage activement dans le Programme de restauration et d’adaptation des récifs, une initiative financée par le gouvernement australien et la Fondation de la Grande Barrière de Corail. Ce programme vise à développer et à déployer des techniques de restauration à grande échelle, et l’automatisation joue un rôle clé dans cette stratégie.
L’aquaculture corallienne est au cœur de ces efforts. Le SeaSim, un centre de recherche de pointe, élève désormais plus d’un million de jeunes coraux chaque année. Pour intensifier cette production, AIMS a mis au point des technologies de pointe, dont l’ AutoSpawner, un système d’aquarium entièrement automatisé. Ce dispositif permet de collecter les œufs et le sperme des coraux reproducteurs et de les féconder en grand nombre, avec une intervention humaine minimale. Selon des comparaisons récentes, l’AutoSpawner collecte plus de gamètes en moins de temps, avec un taux de fécondation similaire aux méthodes manuelles, tout en réduisant les coûts de main-d’œuvre de 8 à 100 fois, selon les espèces de coraux. Un seul AutoSpawner peut produire plus de 7 millions d’œufs fécondés lors d’une seule nuit de frai.
La surveillance des larves de coraux, une étape cruciale de la restauration, est également optimisée grâce au CSLICS (Système de caméra d’imagerie des fraies et des larves de coraux). Ce système, basé sur la vision par ordinateur et l’intelligence artificielle, estime le nombre de larves dans les bassins d’élevage, contenant généralement environ 500 000 larves, en temps réel. Il permet ainsi de détecter rapidement les problèmes et d’ajuster les conditions d’élevage pour maximiser la survie des larves.
Une fois que les larves se fixent et se transforment en jeunes coraux, le CGRAS (Système d’évaluation robotique de croissance des coraux) prend le relais. Ce système, équipé d’une caméra submersible et d’un bras robotique, prend des images haute résolution des jeunes coraux sur des tuiles spécialement préparées, permettant de suivre leur croissance et de détecter les anomalies. Il réduit considérablement le temps nécessaire au comptage manuel des coraux, qui peut atteindre une heure par tuile.
Pour assurer un suivi précis des coraux tout au long du processus de restauration, AIMS utilise la technologie RFID (identification par radiofréquence). Chaque corail reçoit une puce RFID qui permet de l’identifier et de suivre son parcours, de SeaSim jusqu’à son implantation sur le récif. Cette technologie est essentielle pour gérer les nombreuses expériences menées avec différentes espèces de coraux provenant de divers sites de la Grande Barrière de Corail.
Enfin, le DGS (Système de guidage de déploiement), une technologie robotique marine combinant intelligence artificielle et guidage autonome, promet d’automatiser le déploiement des jeunes coraux sur le récif, en ciblant les sites les plus propices à leur croissance. Ce système est actuellement en phase de test et devrait être opérationnel à grande échelle dans un avenir proche.
Ces avancées technologiques, développées par une équipe d’experts d’AIMS et du QUT, en collaboration avec des partenaires industriels, représentent une étape importante dans la restauration de la Grande Barrière de Corail. Elles permettent d’accélérer le processus de restauration, de réduire les coûts et d’améliorer les chances de survie des coraux.
Le programme de déploiement pilote est financé par le Reef Trust du gouvernement australien et dirigé par l’Institut australien des sciences marines. Il fait partie du programme de restauration et d’adaptation des récifs, financé par le partenariat entre le Reef Trust et la Great Barrier Reef Foundation.
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