Publié le 15 janvier 2026 à 07h02. Des documents internes révèlent que l’administration Trump avait légalisé une intervention militaire au Venezuela, estimant qu’elle ne constituerait pas un acte de guerre au sens constitutionnel du terme, quelques jours avant une opération avortée visant à destituer Nicolás Maduro.
- L’avis juridique du ministère de la Justice justifiait une action militaire pour aider à l’arrestation de Maduro et à sa comparution devant la justice américaine.
- Les avocats de l’administration ont minimisé le risque d’une escalade vers une guerre nécessitant l’approbation du Congrès.
- Des sénateurs républicains ont exprimé leur désapprobation face aux ambitions de l’administration Trump dans la région.
Un avis juridique confidentiel, publié cette semaine, dévoile les fondements juridiques sur lesquels l’administration Trump a basé sa décision d’autoriser une opération militaire au Venezuela en janvier dernier. Ce document, préparé par le Bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice, visait à déterminer si le président Donald Trump pouvait légitimement ordonner à l’armée américaine d’intervenir pour destituer Nicolás Maduro et faciliter son extradition vers les États-Unis pour y être jugé.
L’avis, daté du 23 décembre, a été initialement destiné au conseiller juridique du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. Il détaille cinq arguments distincts justifiant une intervention, notamment les accusations portées contre Maduro dans un acte d’accusation pour trafic de drogue, ses activités jugées dangereuses, la nécessité potentielle de protéger les civils vénézuéliens et le risque d’une résistance armée soutenant le régime en place.
Selon le document, les renseignements suggéraient la présence d’une force armée de jusqu’à 200 hommes, envoyés et équipés par un pays tiers pour assurer la sécurité de Maduro. L’avis indique :
« On nous a fait état de la présence possible de jusqu’à 200 gardes armés retranchés dans une véritable forteresse, envoyés et équipés par un autre pays dans le seul but d’assurer la sécurité de Maduro. »
Avis juridique du Bureau du conseiller juridique
Cette résistance potentielle, selon les avocats, justifiait l’engagement de forces militaires pour sécuriser les opérations de police.
Bien que reconnaissant les risques inhérents à une intervention militaire, l’avis juridique estimait que la probabilité d’une escalade vers une guerre à grande échelle nécessitant l’approbation du Congrès était faible. Cette conclusion a permis à l’administration Trump de procéder à la planification de l’opération.
L’opération, qui visait à capturer Maduro et son épouse, Cilia Flores, a suscité la surprise au sein du Congrès. Des sénateurs républicains ont affirmé n’avoir pas été informés à l’avance. Une résolution a été déposée au Sénat pour limiter la capacité de l’administration Trump à mener de nouvelles actions contre le Venezuela, exprimant ainsi une désapprobation face à l’ambition croissante de Donald Trump dans la région. L’administration Trump a fait pression sur les sénateurs républicains pour qu’ils rejettent cette résolution.
L’avis juridique précise que l’administration avait assuré qu’aucun plan d’urgence n’était prévu en cas de pertes militaires américaines, ni d’occupation du Venezuela en cas de troubles civils suite au départ de Maduro.
« Nous avons en outre été assurés qu’il n’existe aucun plan d’urgence qui impliquerait le recours aux forces américaines pour occuper le Venezuela si le retrait de Maduro devait entraîner des troubles civils dans ce pays. »
Avis juridique du Bureau du conseiller juridique
Sur la base de ces assurances, les avocats ont conclu qu’aucune action ne constituerait un acte de guerre au sens constitutionnel du terme.