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Le restaurateur Dany Bélanger réclame 20 000 $

Un restaurateur montréalais réclame des milliers de dollars après l’annulation de la 8e édition du festival Caribo-Latino, survenue la veille de son ouverture le 30 juillet en…

Le restaurateur Dany Bélanger réclame 20 000 $

Un restaurateur montréalais réclame des milliers de dollars après l’annulation de la 8e édition du festival Caribo-Latino, survenue la veille de son ouverture le 30 juillet en raison de contraintes logistiques. Face à des pertes estimées à 20 000 $, les entrepreneurs dénoncent l’absence de recours et de protections pour les camions de rue.

L’annulation de dernière minute d’un événement festif majeur à Montréal laisse des traces profondes dans l’écosystème de la restauration de rue. Dany Bélanger, propriétaire du camion de nourriture Banana Plantain aux côtés de Lina Maria Garzón libreros, évalue à 20 000 $ les pertes sèches essuyées en une seule fin de semaine après l’abandon du festival Caribo-Latino.

Une annulation brutale annoncée par Joleme Alexis

Le 30 juillet dernier, à moins de 24 heures du coup d’envoi prévu pour la 8e édition, Joleme Alexis, organisateur et président du festival Caribo-Latino, a officialisé l’annulation de l’événement par le biais d’une publication sur ses réseaux sociaux. La décision a été prise en raison de contraintes logistiques multiples, selon le message diffusé en ligne. L’équipe visait à protéger le capital succès de l’édition précédente afin de reconduire l’événement l’année suivante, d’après la même source.

Si les festivaliers ont pu obtenir le remboursement de leurs billets, la situation s’est avérée bien différente pour la trentaine de marchands et restaurateurs de rue engagés sur le site. Avisés à la toute dernière minute, ces entrepreneurs se sont retrouvés sans solution de rechange pour écouler des stocks de nourriture déjà préparés pour le week-end.

Je me sens volé.

Dany Bélanger, propriétaire du camion Banana Plantain

C’est la première fois que ça m’arrive et j’espère que ce sera la dernière, a confié Dany Bélanger au Journal de Montréal. Ce dernier affirme avoir choisi de participer à cet événement précisément en raison de son ancienneté et de sa forte affluence, sur la recommandation d’un confrère restaurateur, croyant ainsi écarter les risques financiers majeurs.

Des promesses de remboursement non tenues et un secteur sans protection

Près de deux mois après l’annulation avortée, le dossier des compensations financières stagne. D’après des échanges écrits consultés par Le Journal, l’organisateur Joleme Alexis avait initialement consenti à rembourser l’intégralité du dépôt versé par le restaurateur, avant de se raviser. À ce jour, M. Bélanger n’a touché que le quart de son dépôt initial de 4 000 $. En guise de compensation additionnelle, l’organisation lui a proposé un accès gratuit à l’édition de l’an prochain — une alternative jugée inintéressante par l’entrepreneur, dont les dates sont déjà prises par un autre festival.

Ils ont ramassé des dépôts, mais c’est plate parce qu’on était une trentaine de personnes à y aller. Aujourd’hui, l’organisateur s’en lave les mains, déplore le propriétaire de Banana Plantain. Le Journal de Montréal a tenté d’obtenir une entrevue auprès de Joleme Alexis, mais celui-ci n’avait pas répondu aux demandes de commentaires au moment de la mise en ligne. Cette déconvenue met en lumière la vulnérabilité des exploitants de camions de cuisine de rue face aux aléas de l’industrie, un secteur où les dépôts exigés s’avèrent de plus en plus élevés et où les garanties en cas d’intempéries ou d’annulation pure et simple restent quasi inexistantes.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.