Home MondeLes protestations iraniennes semblent étouffées ; Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions : NPR

Les protestations iraniennes semblent étouffées ; Les États-Unis imposent de nouvelles sanctions : NPR

by Clara Dubois

Publié le 15 janvier 2026 à 16h56. Après une semaine de répression sanglante et de coupure d’internet, les manifestations nationales en Iran semblent s’essouffler, tandis que les inquiétudes grandissent quant à une possible escalade régionale face aux menaces de représailles américaines.

  • Les manifestations en Iran, déclenchées par la crise économique et la dévaluation de la monnaie, ont été réprimées avec une violence extrême, faisant au moins 2 637 morts selon les militants.
  • L’Iran a temporairement fermé son espace aérien, suscitant des perturbations majeures dans le trafic aérien international, avant de le rouvrir après plusieurs heures.
  • Les tensions s’intensifient entre l’Iran et les États-Unis, avec des menaces de sanctions supplémentaires et des mouvements de troupes dans la région.

La situation en Iran reste extrêmement tendue, une semaine après le début d’une répression massive des manifestations qui secouent le pays. Les autorités iraniennes ont coupé l’accès à internet, rendant difficile la vérification indépendante des informations, mais les témoignages et les rapports d’organisations de défense des droits de l’homme font état d’une violence extrême contre les manifestants.

Selon l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 2 637 personnes ont été tuées depuis le début des protestations. Ce bilan, en augmentation constante, dépasse de loin celui de toute autre vague de contestation ou de troubles en Iran depuis des décennies et rappelle le chaos qui a précédé la révolution islamique de 1979.

À Téhéran, des témoins rapportent une accalmie relative ces derniers jours, avec moins de signes de confrontations nocturnes et une diminution des coups de feu. Cependant, les médias d’État annoncent des vagues d’arrestations, ciblant ceux qu’ils qualifient de « terroristes » et traquant activement les équipements permettant d’accéder à internet par satellite, notamment les antennes Starlink.

Le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, a déclaré, selon l’agence de presse judiciaire Mizan :

« Depuis le 8 janvier, nous avons assisté à une véritable guerre, et quiconque participe au rassemblement depuis lors est un criminel. »

La fermeture temporaire de l’espace aérien iranien, survenue jeudi matin, a provoqué des perturbations importantes dans le trafic aérien international. Les compagnies aériennes ont été contraintes de modifier leurs itinéraires, évitant le territoire iranien. L’espace aérien a été rouvert après plus de quatre heures, mais l’incident a ravivé les craintes d’une escalade régionale.

La télévision d’État iranienne a finalement diffusé un communiqué de l’Autorité de l’aviation civile affirmant que « le ciel du pays accueille les vols entrants et sortants, et que les aéroports fournissent des services aux passagers », sans reconnaître la fermeture initiale.

Parallèlement, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre des responsables iraniens accusés de réprimer les manifestations et ont menacé d’engager une action militaire en cas de nouvelles violences. Le président Donald Trump a évoqué une possible désescalade, affirmant que les massacres semblaient toucher à leur fin, mais a également averti que « l’aide est en route » pour les manifestants iraniens.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé les États-Unis à privilégier la voie diplomatique, déclarant à Fox News :

« Mon message est le suivant : entre guerre et diplomatie, la diplomatie est une meilleure voie, même si nous n’avons aucune expérience positive des États-Unis. Mais la diplomatie est quand même bien meilleure que la guerre. »

Les inquiétudes concernant d’éventuelles exécutions de détenus se sont intensifiées, malgré les déclarations d’Araghchi affirmant qu’il n’y avait « aucun projet de pendaison ». Les militants ont averti que des exécutions pourraient avoir lieu prochainement.

La République islamique a également fait part de ses préoccupations face aux menaces venues de l’étranger. Le ministre chinois des Affaires étrangères a indiqué que son homologue iranien, Abbas Araghchi, lui avait assuré que la situation dans le pays était désormais stable.

Les manifestations en Iran ont suscité des réactions à l’étranger, avec des rassemblements de soutien aux manifestants dans de nombreuses villes à travers le monde. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence jeudi après-midi pour discuter de la situation en Iran, à la demande des États-Unis.

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