La répression des manifestations qui secouent l’Iran s’intensifie, tandis que le régime coupe le pays du monde extérieur. Plus de 2 600 personnes auraient déjà perdu la vie depuis le début du mouvement de contestation, mi-décembre, déclenché par la crise économique et la dévaluation du rial iranien.
Téhéran semble reprendre peu à peu le contrôle de la situation. Des témoins sur place rapportent un calme relatif ces derniers jours, avec une diminution des échanges de tirs dans la capitale. Les forces de l’ordre multiplient les arrestations, ciblant ceux qu’elles qualifient de « terroristes » et traquant activement les équipements permettant de contourner la censure, notamment les antennes paraboliques Starlink.
Le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, a déclaré que toute participation aux rassemblements depuis le 8 janvier serait considérée comme un crime. « Depuis le 8 janvier, nous avons assisté à une véritable guerre, et quiconque participe au rassemblement depuis lors est un criminel », a-t-il affirmé, selon l’agence de presse judiciaire Mizan.
La situation suscite des inquiétudes internationales. Les États-Unis ont déplacé une partie de leur personnel de la base aérienne d’Al Udeid au Qatar et ont mis en garde leurs diplomates au Koweït contre la proximité des bases militaires où sont stationnées les troupes américaines. Jeudi matin, l’espace aérien iranien a été fermé pendant plus de quatre heures sans explication, une mesure déjà prise lors de précédentes tensions avec Israël et pendant la guerre de 12 jours en juin dernier.
Après une interruption prolongée, la fermeture de l’espace aérien a finalement pris fin et plusieurs vols intérieurs ont repris peu après 7 heures du matin. La télévision d’État a ensuite annoncé que « le ciel du pays accueille les vols entrants et sortants, et les aéroports fournissent des services aux passagers », sans reconnaître la fermeture préalable.
Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions contre des responsables iraniens accusés de réprimer les manifestations, notamment le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, que le département du Trésor accuse d’avoir incité à la violence. Dix-huit personnes et entreprises soupçonnées de blanchir des fonds provenant des ventes de pétrole iranien ont également été visées.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé à une résolution négociée avec les États-Unis. Ce changement de ton intervient après que le chef du pouvoir judiciaire iranien a déclaré que le gouvernement devait agir rapidement pour punir les milliers d’arrestés. Les militants craignent des exécutions imminentes.
L’agence de presse américaine Human Rights Activists News estime le nombre de morts à au moins 2 615, un bilan sans précédent depuis des décennies et qui rappelle le chaos qui a entouré la révolution islamique de 1979. L’agence, qui s’appuie sur un réseau d’activistes en Iran, confirme chaque décès signalé.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence jeudi après-midi à la demande des États-Unis. L’ancien président américain Donald Trump a tenu des propos ambigus sur une possible action américaine contre l’Iran, affirmant qu’il lui avait été rapporté que les projets d’exécutions avaient été interrompus.
À ne pas manquer
