Publié le 16 janvier 2026. Une étude australienne révèle que le diabète de type 2 modifie en profondeur le fonctionnement du cœur, augmentant significativement le risque d’insuffisance cardiaque. Les chercheurs ont identifié des changements moléculaires et structurels spécifiques au niveau du muscle cardiaque chez les patients diabétiques.
- Le diabète de type 2 altère la production d’énergie et la structure physique du cœur.
- Ces effets sont plus marqués chez les patients souffrant également de cardiomyopathie ischémique.
- L’étude met en évidence un profil moléculaire unique chez les personnes atteintes à la fois de diabète et de maladies cardiaques.
Des chercheurs de l’Université de Sydney ont mis en lumière les mécanismes par lesquels le diabète de type 2 affecte directement le cœur. Leur travail, récemment publié dans la revue EMBO Molecular Medicine, s’appuie sur l’analyse de tissus cardiaques humains provenant de patients ayant subi une transplantation cardiaque et comparés à ceux de donneurs sains. L’étude, dirigée par le Dr Benjamin Hunter et le Dr Sean Lal de l’École des sciences médicales, offre une compréhension plus précise du lien entre ces deux pathologies.
L’analyse a révélé que le diabète induit des changements moléculaires précis au sein des cellules cardiaques et modifie la structure même du muscle cardiaque. Ces altérations sont particulièrement prononcées chez les patients atteints de cardiomyopathie ischémique, une cause majeure d’insuffisance cardiaque. Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de décès dans de nombreux pays, soulignant l’importance de ces découvertes.
« Nous observons depuis longtemps une corrélation entre les maladies cardiaques et le diabète de type 2, mais il s’agit de la première recherche qui examine simultanément les deux affections et découvre un profil moléculaire unique chez les personnes qui en sont atteintes », explique le Dr Hunter, selon Science Quotidienne. « Nos résultats montrent que le diabète modifie la façon dont le cœur produit de l’énergie, maintient sa structure sous stress et se contracte pour pomper le sang. »
Grâce à des techniques de microscopie avancées, l’équipe a pu observer une accumulation de tissu fibreux dans le muscle cardiaque, témoignant de changements structurels directs. L’étude se distingue par son approche, qui repose sur l’examen de tissus cardiaques réels de patients humains, et non sur des modèles animaux, offrant ainsi une pertinence clinique accrue.
Les chercheurs ont également exploré le métabolisme énergétique du cœur. Dans un cœur sain, l’énergie est principalement produite à partir des graisses, avec une contribution du glucose et des cétones. Cependant, en cas d’insuffisance cardiaque, l’utilisation du glucose tend à augmenter. Le diabète perturbe ce mécanisme en diminuant la sensibilité des cellules cardiaques à l’insuline. Au-delà de la production d’énergie, le diabète affecte également les protéines responsables de la contraction du muscle cardiaque et de la régulation du calcium.
Chez les patients diabétiques souffrant de cardiomyopathie ischémique, la production de ces protéines est réduite, tandis qu’un excès de tissu fibreux s’accumule, rendant le muscle cardiaque plus rigide et moins efficace pour pomper le sang. « L’effet métabolique du diabète sur le cœur n’est pas entièrement compris chez l’homme », souligne le Dr Hunter. Cette étude ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant ces mécanismes spécifiques, dans l’espoir d’améliorer la prise en charge des patients atteints de diabète et de maladies cardiaques.
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