Publié le 24 septembre 2025. Une vaste étude internationale confirme que la prise de paracétamol pendant la grossesse n’est pas associée à un risque accru d’autisme, de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou de déficience intellectuelle chez l’enfant, démystifiant ainsi des affirmations récentes et infondées.
- Une analyse rigoureuse de plus de 800 000 enfants n’a révélé aucun lien entre l’exposition au paracétamol in utero et ces troubles neurodéveloppementaux.
- L’étude réfute les déclarations du président américain Donald Trump, qui avait suggéré un lien entre le paracétamol et l’autisme.
- Les chercheurs soulignent l’importance de ne pas dissuader les femmes enceintes de prendre du paracétamol en cas de besoin, car une fièvre non traitée peut présenter des risques pour la mère et le bébé.
Les inquiétudes concernant le paracétamol et le développement neurologique des enfants ont été ravivées en septembre dernier par des déclarations surprenantes de Donald Trump. Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, l’ancien président avait mis en garde contre l’utilisation du médicament, connu sous le nom de Tylenol aux États-Unis, affirmant que « prendre du Tylenol n’est pas bon » et qu’il envisageait de demander aux médecins américains de conseiller aux femmes enceintes de l’éviter. Ces propos, largement relayés, ont suscité l’anxiété chez de nombreuses femmes enceintes, pour lesquelles le paracétamol est souvent le premier recours recommandé pour soulager la douleur et la fièvre.
Pour répondre à ces préoccupations, une équipe de sept chercheurs européens, dirigée par la professeure Asma Khalil de l’Université de Londres, a mené une analyse exhaustive des données disponibles. Leur étude, publiée dans le Lancet Obstetrics, Gynecology and Women’s Health, a examiné les résultats de 43 études antérieures portant sur un total impressionnant de 262 852 enfants évalués pour l’autisme, 335 255 pour le TDAH et 406 681 pour une déficience intellectuelle. L’analyse, qualifiée de « la plus rigoureuse à ce jour » par les auteurs, n’a trouvé aucune preuve d’une association entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et l’apparition de ces troubles.
« Le message est clair : le paracétamol reste une option sûre pendant la grossesse lorsqu’il est pris conformément aux recommandations », a déclaré la professeure Khalil. « Il est important que les femmes enceintes puissent continuer à compter sur ce médicament pour soulager leurs symptômes, sans craindre de conséquences néfastes pour leur enfant. »
Les chercheurs insistent sur le fait que les facteurs génétiques et familiaux sont des explications plus plausibles aux associations précédemment observées que tout effet direct du paracétamol. Ils soulignent également la possibilité que l’état de santé sous-jacent qui motive une femme à prendre du paracétamol pendant la grossesse puisse jouer un rôle plus important dans le développement neurodéveloppemental de l’enfant. « Le paracétamol est généralement utilisé de manière intermittente, et une utilisation prolongée pourrait indiquer un problème de santé sous-jacent qui est en réalité le facteur déterminant », expliquent-ils.
Au Royaume-Uni, le secrétaire à la Santé, Wes Streeting, avait déjà conseillé d’ignorer les affirmations de Donald Trump, déclarant à la télévision ITV :
« Je dirais simplement aux gens qui nous regardent : ne prêtez aucune attention à ce qui se passe. Donald Trump dit à propos de la médecine. »
Wes Streeting, secrétaire à la Santé
Des experts ont salué l’étude du Lancet, soulignant qu’elle devrait rassurer les femmes enceintes. La professeure Grainne McAlonan, du King’s College de Londres, a exprimé l’espoir que cette étude « mettra un terme à cette affaire », tandis que le Dr Steven Kapp, de l’Université de Portsmouth, a appelé à cesser de chercher des « fausses préventions » aux troubles du développement et à se concentrer sur l’amélioration de la vie des personnes handicapées. L’intervention de Donald Trump avait suscité de vives réactions dans la communauté scientifique et médicale.
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