Home AffairesUn portefeuille d’ETF de revenu de vente à risque extrême : rendement élevé, baisses rares mais brutales

Un portefeuille d’ETF de revenu de vente à risque extrême : rendement élevé, baisses rares mais brutales

by Amélie Bernard

Les marchés financiers sont confrontés à une accumulation de risques géopolitiques et économiques qui pourraient générer des profits substantiels pour les investisseurs avertis, mais aussi des pertes considérables. Une stratégie consiste à parier sur la survenue de ces événements extrêmes, en encaissant des revenus réguliers jusqu’à ce que l’inévitable se produise.

Dès les douze premiers jours de l’année 2026, plusieurs signaux ont alerté les observateurs : la menace de poursuites pénales contre le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, par l’ancien président Donald Trump, le renversement du gouvernement vénézuélien suite à une opération menée par les forces spéciales américaines et la capture de Nicolás Maduro, ainsi que les discussions concernant une possible annexion du Groenland. Ces événements, bien que peu probables, sont considérés comme des « risques extrêmes » capables de bouleverser les marchés.

Certains actifs ont immédiatement profité de cette instabilité. L’or et l’argent ont vu leur valeur augmenter, tandis que les actions, les devises et les taux du secteur énergétique ont réagi de manière plus nuancée, voire paradoxale. L’incertitude règne, et presque tous les scénarios semblent envisageables.

Pour les investisseurs, la question centrale est de savoir s’il est possible de transformer ces risques extrêmes en opportunités de gains. La réponse est affirmative, et deux approches principales se dégagent. La première consiste à se prémunir contre ces risques, en souscrivant une sorte d’assurance financière. Cela implique de payer des frais réguliers en échange d’une protection potentielle en cas de krach. Les ETF (Exchange Traded Funds) et les ETF inversés entrent dans cette catégorie, mais leur efficacité dépend de la survenue rapide d’un événement catastrophique.

La seconde approche, plus audacieuse, consiste à « vendre » le risque extrême, en percevant des primes en échange de la prise en charge de la peur ambiante. Les investisseurs sont rémunérés mensuellement, parfois généreusement, jusqu’au jour où l’événement redouté se concrétise. À ce moment-là, les pertes peuvent être rapides et importantes.

Cet article se concentre sur cette seconde voie : la vente du risque extrême en vue de générer des revenus. Une stratégie possible consiste à allouer 33 % de son portefeuille aux ETF de revenu autocallable Calamos (NYSE : CAIE). Ces fonds permettent aux investisseurs d’accéder à des produits structurés traditionnellement réservés à une clientèle fortunée. Un titre autocallable offre un coupon élevé tant que l’indice sous-jacent reste dans une fourchette prédéfinie. Si l’indice dépasse un certain niveau à une date d’observation, le titre est « rappelé » et l’investisseur récupère son capital et les coupons accumulés. En revanche, si l’indice chute trop, la protection du capital peut être compromise.

CAIE n’investit pas directement dans des titres autocallables individuels, en raison de leur faible liquidité. Il utilise plutôt des swaps de rendement total pour s’exposer à l’indice MerQube US Large Cap Volatility Advantage Autocall Total Return, qui regroupe plus de 52 titres autocallables avec des échéances échelonnées. Cet indice affiche actuellement un coupon moyen pondéré d’environ 14,2 %, et tous les titres autocallables en cours paient toujours des coupons. Calamos assure une transparence totale sur les titres au-dessus de leurs barrières, ceux qui ont été rappelés et ceux qui sont tombés en dessous de leurs seuils.

Investir dans des autocallables revient à parier sur une volatilité limitée. Cela permet de profiter de la volatilité à la hausse et à la baisse, mais limite le potentiel de gains si les marchés rebondissent trop fortement et entraîne des pertes en capital si les marchés s’effondrent. CAIE distribue actuellement des revenus mensuels avec un taux de distribution annualisé d’environ 14,4 %, après déduction des frais de gestion de 0,74 %.

Un autre tiers du portefeuille (33 %) peut être alloué à la volatilité courte, en utilisant l’ETF Simplify Volatility Premium (NYSE : SVOL). Ce fonds se distingue par sa structure réfléchie, qui combine des ETF Simplify détenant un mélange de stratégies à revenu fixe et alternatives pour assurer une certaine stabilité. Le revenu provient d’une position courte sur les contrats à terme VIX, qui profite du phénomène de contango (où les contrats à terme à plus long terme se négocient au-dessus de la volatilité au comptant) et de la tendance à la moyenne de la volatilité.

Pour se protéger contre une forte augmentation de la volatilité, SVOL utilise des options d’achat VIX hors du cours. Bien que ces couvertures ne permettent pas d’éliminer complètement les pertes, elles limitent le risque de pertes catastrophiques. SVOL distribue actuellement un rendement annualisé supérieur à 20 %, payé mensuellement, après déduction des frais de gestion de 0,66 %.

Enfin, les 30 % restants du portefeuille peuvent être investis dans des obligations à haut rendement notées CCC, via le BondBloxx ETF d’obligations d’entreprises à haut rendement en USD noté CCC (NYSE : XCCC). Ces obligations offrent un rendement élevé en raison du risque de défaut élevé des émetteurs. XCCC suit passivement un indice d’obligations d’entreprises libellées en dollars américains notées CCC1 à CCC3, en limitant l’exposition à chaque émetteur à 2 % du portefeuille. XCCC affiche actuellement un rendement SEC à 30 jours d’environ 11,3 %, mais présente un taux de défaut cumulé sur trois ans d’environ 46 %.

Ce portefeuille, simple et diversifié, repose sur le principe de la vente d’assurance sur le marché, en encaissant des primes sous forme de revenus mensuels élevés. Il est préférable de l’intégrer dans un compte à l’abri de l’impôt, comme un Roth IRA, afin de minimiser l’impact fiscal. Il est essentiel de ne pas se laisser aveugler par les rendements potentiels et de comprendre que ces ETF génèrent des revenus en assumant des risques que la plupart des investisseurs préfèrent éviter. Les pertes peuvent être rapides et sévères lorsque la situation se dégrade. Il est donc crucial d’agir avec prudence, de dimensionner correctement les positions et de définir un plan clair pour prendre des bénéfices avant que l’inévitable ne se produise.

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