Un juge fédéral du Minnesota a ordonné aux agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) de cesser toute action coercitive contre les manifestants pacifiques à Minneapolis. Cette décision intervient après des semaines de tensions et une fusillade mortelle impliquant un agent de l’ICE, exacerbant les critiques envers le déploiement massif d’agents fédéraux dans la ville.
La juge Kate Menendez a émis une injonction vendredi, interdisant explicitement aux agents fédéraux d’arrêter ou de détenir des personnes participant à des manifestations pacifiques ou à des opérations de surveillance, sauf en cas de soupçons raisonnables de crime ou d’obstruction à l’application de la loi. L’injonction interdit également l’utilisation de gaz poivre, de gaz lacrymogènes et d’autres munitions de contrôle des foules contre les manifestants et les observateurs.
Le Département américain de la sécurité intérieure (DHS) dispose de 72 heures pour adapter ses opérations à Minneapolis à cette nouvelle directive. Cette décision représente une victoire significative pour les militants locaux, qui s’opposent fermement au déploiement de près de 3 000 agents fédéraux dans la ville, une opération sans précédent dans l’histoire du pays selon le DHS.
Les tensions ont atteint un point critique début janvier, suite à la mort de Renée Nicole Goodau, une mère de 37 ans, tuée par balle par un agent de l’ICE alors qu’elle quittait sa voiture. Mme Goodau participait à des patrouilles de quartier organisées par des militants pour surveiller les activités de l’ICE.
Depuis l’annonce du déploiement de 2 000 agents par l’administration Trump il y a deux semaines, des affrontements ont éclaté entre les manifestants et les agents fédéraux, ces derniers étant accusés de cibler les migrants sans papiers et de recourir à la violence.
Face à la montée des tensions, le président Trump a menacé jeudi d’invoquer la Loi sur l’insurrection, qui lui permettrait de déployer l’armée pour contrôler les manifestations. « Si j’en avais besoin, je l’utiliserais. Je ne pense pas qu’il y ait actuellement de raison de l’utiliser », a-t-il déclaré aux journalistes à la Maison Blanche. Cette loi permet au président de contourner le Posse Comitatus Act, qui limite l’intervention de l’armée dans l’application de la loi civile, afin de réprimer les « rébellions armées » ou la « violence domestique ».
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