Publié le 17 janvier 2026 à 11h32. La nouvelle pièce “Mundtot” présentée au Schauspielhaus de Vienne dénonce avec une force brute les abus sexuels systémiques dans le sport de haut niveau, donnant enfin une voix aux victimes qui ont longtemps souffert en silence.
- Une production théâtrale poignante met en lumière les pressions extrêmes subies par les jeunes athlètes, où le corps devient un instrument au service de la performance.
- L’étude citée révèle que 70 % des sportifs interrogés ont été victimes de violence, de harcèlement ou de transgressions de limites au sein de clubs sportifs.
- La pièce nomme publiquement des athlètes ayant dénoncé les abus, notamment l’ancienne skieuse Nicola Werdenigg.
Le décor, un gymnase en ruines conçu par Anton von Bredow, symbolise la destruction des rêves et des corps. Quatre actrices – Tala Al-Deen, Iris Becher, Florentine Krafft et Sophia Löffler – incarnent collectivement le parcours de jeunes handballeuses, évoquant les espoirs brisés, les pressions constantes et la honte paralysante qui accompagnent les abus.
La pièce explore la réalité brutale de la vie sportive de haut niveau, où tout – alimentation, relations personnelles, famille – est subordonné à l’entraînement et à la quête de la performance. Comme le souligne une des phrases clés de la pièce :
« Nous n’avons pas de petits amis, nous avons des perspectives. »
. La pression est telle que les athlètes en viennent à considérer les médicaments comme un simple outil :
« On ne prend pas de drogues, on avale des analgésiques. »
.
L’attention se porte particulièrement sur la vulnérabilité des corps en développement, notamment les changements pubertaires qui sont perçus comme des obstacles. Les actrices dénoncent les tenues vestimentaires inadaptées et la proximité physique souvent abusive des entraîneurs, des masseurs et des médecins sportifs. La musique, composée par Lens Kühleitner, amplifie l’intensité émotionnelle de ces témoignages.
À la fin du spectacle, le public reçoit une liste des noms d’athlètes qui ont publiquement dénoncé les abus. Parmi eux figure Nicola Werdenigg, l’une des premières à briser le silence en Autriche en 2017, révélant les violences sexuelles et les abus de pouvoir dans le milieu du ski.
Miriam Unterthiner, l’auteure de “Mundtot”, a ainsi donné une voix à celles qui ont été réduites au silence. Le mot « corps » revient à 181 reprises dans le texte, soulignant l’importance de la reconquête de son propre corps :
« Mon corps, plus le mien, le sien. Son corps. Ma honte. Le terme prend soudain un sens. »
(Von Sonja Harter/APA)
(SERVICE – “Mundtot” de Miriam Unterthiner au Schauspielhaus de Vienne, première. Mise en scène : Christiane Pohle, scénographie et costumes : Anton von Bredow, musique live et conception sonore : Lens Kühleitner. Avec Tala Al-Deen, Iris Becher, Florentine Krafft et Sophia Löffler. Prochaines dates : 17, 27, 28, 30 et 31 janvier et les 6, 7, 10, 11, 13 et 14 février, à 20h.)
(Source : APA)
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