Publié le 17 janvier 2026 à 13h01. Une décennie après une année marquée par des événements politiques majeurs, des décès de célébrités et l’émergence de tendances virales, 2016 suscite une vague de nostalgie sur les réseaux sociaux, alimentée par un sentiment de simplicité perdue.
- En 2016, la rougeole a été éradiquée des Amériques.
- Le décès de figures emblématiques comme Prince et David Bowie a marqué l’année.
- Une tendance nostalgique pour 2016 émerge sur TikTok et Instagram, certains la qualifiant de « dernière bonne année ».
Dix ans après une année riche en événements contrastés, de l’éradication de la rougeole dans les Amériques à l’ascension fulgurante de Beyoncé avec son album « Lemonade », 2016 revient en force sur les réseaux sociaux. L’année, qui avait vu Hillary Clinton se présenter comme la première femme candidate à la présidence américaine, est aujourd’hui l’objet d’une nostalgie grandissante, alimentée par des souvenirs partagés et une perception d’une époque plus insouciante.
Cette résurgence du passé se manifeste notamment sur TikTok et Instagram, où des célébrités et des internautes ordinaires partagent des photos et des anecdotes de 2016. Kylie Jenner, par exemple, a récemment commémoré le lancement de son kit à lèvres, qui a contribué à bâtir sa fortune, tandis que le mannequin Karlie Kloss a rappelé son amour pour les colliers ras du cou et les filtres Snapchat de l’époque. Lena Dunham, quant à elle, a partagé des souvenirs du tournage de la série « Girls ».
Mais 2016 n’était pas seulement une année de tendances et de célébrités. Elle a également été marquée par des tragédies, comme la fusillade de la discothèque Pulse à Orlando, qui a fait 49 morts et est devenue la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis à l’époque (jusqu’à l’année suivante). La disparition de Prince et de David Bowie a également plongé le monde dans le deuil. Parallèlement, les clivages politiques se sont accentués, posant les bases d’une atmosphère de polarisation qui persiste aujourd’hui.
Cette nostalgie pour 2016 est analysée par des experts comme Jessica Maddox, professeure agrégée à l’Université de Géorgie. Elle explique que cette tendance peut être interprétée comme une forme de révisionnisme historique, une manière de se souvenir du passé à travers un filtre idéalisé.
« La nostalgie est toujours compliquée, car nous pensons qu’en faisant ou en consommant quelque chose, nous pouvons ressentir le même sentiment que nous avions à l’époque, ce qui ne pourra jamais être le cas. »
Jessica Maddox, professeure agrégée à l’Université de Géorgie
Pour Maddox, cette nostalgie est également liée à un sentiment de perte d’innocence, à une époque où les médias sociaux semblaient plus connectés et moins polarisés. Elle souligne que les gens avaient tendance à suivre les mêmes histoires, à participer aux mêmes tendances – comme le « mannequin challenge » ou la mode du rose millénial – et à en discuter ensemble.
Dustin Kidd, professeur de sociologie à l’Université Temple, abonde dans ce sens, soulignant que la nostalgie pour 2016 est en partie liée à l’élection de Donald Trump et à la transformation du paysage politique américain. Il estime que cette année marque un tournant, un moment où la politique a commencé à envahir la culture et à polariser la société.
« Quand les gens parlent de ‘dernière bonne année’, j’ai l’impression que ce que nous disons en réalité, c’est que c’était la dernière fois avant qu’il y ait un changement sismique dans la politique américaine. »
Jessica Maddox, professeure agrégée à l’Université de Géorgie
Malgré son caractère parfois idéalisé, cette tendance à revisiter 2016 révèle un désir de retrouver un sentiment de communauté et de simplicité dans un monde de plus en plus complexe et polarisé. Elle témoigne également d’une prise de conscience de la manière dont les événements passés façonnent notre présent et influencent notre perception de l’avenir.
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