La justice française a rendu un verdict controversé vendredi, estimant qu’il était désormais impossible de poursuivre Yves Chatain, qui avait avoué en 2022 le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, commis en 1986. Cette décision pourrait avoir des conséquences importantes sur les enquêtes dites « cold case » actuellement en cours.
La Cour de cassation a confirmé que le délai de prescription, bien que contesté par le procureur général, était dépassé dans cette affaire. Yves Chatain avait avoué avoir étranglé Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, après des décennies de silence. Les restes partiels de la jeune femme avaient été découverts suite à ses aveux.
Le procureur général, Rémy Heitz, avait plaidé en novembre dernier pour une interprétation plus souple du délai de prescription, avertissant que l’inverse compromettrait les investigations sur des affaires similaires. Selon lui, sept des 22 affaires examinées par l’unité spécialisée dans les affaires non résolues pourraient être affectées par cette décision.
Marie-Thérèse Bonfanti avait disparu en mai 1986 dans le département de l’Isère. L’affaire, restée non résolue pendant de nombreuses années, avait finalement connu un rebondissement avec la confession de Chatain, qui était depuis longtemps considéré comme un suspect.
« C’est un jour terrible pour nous », a déclaré Thierry Bonfanti, le mari de la victime, visiblement ému devant le tribunal. « C’est incroyable d’entendre cela de la part d’un système judiciaire dont nous sommes victimes. » Il s’est interrogé sur l’avenir de l’unité « cold case » et a souhaité bonne chance à ses enquêteurs pour obtenir des résultats similaires à l’avenir.
L’avocate de la famille Bonfanti, Catherine Bauer-Violas, a également exprimé son inquiétude quant à l’impact de ce jugement sur le travail de l’unité basée à Nanterre, en banlieue parisienne. « Un certain nombre de dossiers (…) ne pourront pas être poursuivis », a-t-elle affirmé. La famille envisage désormais de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.