Home DivertissementHoodwinked is the ugliest film you need to watch

Hoodwinked is the ugliest film you need to watch

by Antoine Girard

Vingt ans après sa sortie, le film d’animation Hoodwinked continue de surprendre. Sorti en janvier 2006, ce conte revisité déconstruit le récit classique du Petit Chaperon rouge, en proposant une héroïne loin des clichés de la jeune fille naïve et fragile.

Loin de la morale simple des contes de Perrault et des frères Grimm – ne pas parler aux étrangers, sous peine de voir le loup dévorer grand-mère – Hoodwinked propose une intrigue policière pleine de rebondissements. Le film ne se contente pas de raconter l’histoire du Petit Chaperon rouge se rendant chez sa grand-mère, mais explore les raisons de la présence du loup dans la maison et les motivations de la jeune fille. L’enquête porte en réalité sur le mystère du « Voleur de gourmandises », un individu qui dérobe toutes les bonnes choses à manger dans les bois.

Le film, réalisé par Cory Edwards, présente un Chaperon rouge de 12 ans, doublé par Anne Hathaway, qui possède une ceinture noire et maîtrise les arts martiaux. Elle n’hésite pas à asséner des coups de karaté à quiconque ose la défier. Les autres personnages sont également réinventés : grand-mère, interprétée par Glenn Close, se révèle être une skieuse hors pair, et le Grand Méchant Loup, incarné par Patrick Warburton, est en réalité un journaliste d’investigation, prêt à tout pour obtenir l’information.

Hoodwinked a été produit par la société indépendante Blue Yonder Films, avec une animation principalement réalisée aux Philippines. Le budget du film, d’un peu moins de 8 millions de dollars (environ 7,4 millions d’euros), explique en partie son esthétique particulière. Cory Edwards a choisi de s’inspirer du style de la stop-motion pour compenser le manque de moyens. Comme il l’explique dans une interview accordée à Animation World Network : « Si nous pouvions évoquer la nostalgie des miniatures photographiées en stop-motion, les personnages n’auraient pas besoin d’être excessivement réalistes. Nous n’allons pas nous saboter en essayant de reproduire chaque grain de beauté et chaque cheveu. »

Cette liberté créative, permise par l’absence de financement hollywoodien, a également permis à Todd Edwards, co-scénariste et frère du réalisateur, de structurer le récit comme une enquête policière, s’inspirant notamment du film Pulp Fiction de Quentin Tarantino. « Nous avons structuré le film comme un thriller policier, avec des flashbacks et des interrogatoires », a-t-il déclaré à AWN.

Malgré son esthétique jugée « laide » par certains, Hoodwinked se distingue par son sincérité. Alors que Shrek parodie les contes de fées avec humour et sarcasme, Hoodwinked utilise le conte comme un support pour raconter une histoire originale et émouvante. C’est peut-être pour cette raison que Hoodwinked Too! Hood vs. Evil, la suite du film, a été un échec commercial et critique, manquant de la profondeur et de l’originalité du premier opus.

Hoodwinked n’a peut-être pas remporté de prix, mais il a laissé une empreinte durable dans le monde de l’animation, prouvant qu’un film peut être imparfait et pourtant captiver le public grâce à son originalité et à son authenticité. Il est, en somme, parfait dans son imperfection.

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