Publié le 17 janvier 2026 à 20h38. L’Union européenne se prépare à une possible guerre commerciale avec les États-Unis après la menace du président Donald Trump d’imposer des droits de douane punitifs à huit pays européens, en lien avec son désir d’acquérir le Groenland.
- Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 10 % (puis 25 %) à huit pays européens à partir du 1er février, sauf accord sur la vente du Groenland.
- Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, avertit contre une escalade dangereuse et réaffirme l’unité européenne.
- Les ambassadeurs des 27 pays de l’UE se réunissent en urgence pour coordonner une réponse.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé sa vive inquiétude face aux récentes déclarations de Donald Trump. Le président américain a annoncé son intention d’imposer des droits de douane sur les importations en provenance de huit nations européennes – le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande – si un accord n’est pas trouvé pour la vente du Groenland aux États-Unis. Selon M. Trump, des droits de douane de 10 % seront appliqués dès le 1er février, augmentant à 25 % le 1er juin.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, M. Trump a justifié cette mesure par la nécessité de parvenir à un accord sur le Groenland. Cette annonce a suscité une réaction immédiate de la part de l’Union européenne.
Ursula von der Leyen a mis en garde contre les conséquences néfastes de ces mesures protectionnistes.
« Les tarifs douaniers nuiraient aux relations transatlantiques et risqueraient une dangereuse spirale descendante »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
Elle a également souligné la détermination de l’Europe à défendre sa souveraineté.
« L’Europe restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté. »
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
En réponse à cette menace, les ambassadeurs des 27 États membres de l’UE se réuniront demain en urgence, à l’initiative de Chypre, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. La réunion, prévue à 17h00, doit permettre de définir une stratégie commune face à cette nouvelle tension commerciale.
La Commission européenne et le Conseil européen ont publié une déclaration commune réaffirmant l’importance du droit international et de la souveraineté des États.
« L’intégrité territoriale et la souveraineté sont des principes fondamentaux du droit international. Ils sont essentiels pour l’Europe et pour la communauté internationale dans son ensemble. »
Ursula von der Leyen et Antonio Costa, président du Conseil européen
Ils ont également souligné l’importance de la coopération au sein de l’OTAN pour la sécurité dans l’Arctique, tout en réaffirmant leur soutien au Danemark et au Groenland.
Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE, a averti que ces droits de douane profiteraient à la Chine et à la Russie.
« La Chine et la Russie doivent s’en donner à cœur joie. Ce sont elles qui profitent des divisions entre alliés. »
Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE
Elle a également souligné les conséquences négatives pour la prospérité des deux côtés de l’Atlantique.
Plusieurs dirigeants européens ont réagi à cette annonce. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé que le Groenland fait partie du Royaume du Danemark et que son avenir relève des Danois et des Groenlandais. Il a également souligné l’importance de la sécurité dans l’Arctique pour l’OTAN. Le leader réformiste britannique Nigel Farage a quant à lui estimé que ces droits de douane nuiraient au Royaume-Uni.
Le président français Emmanuel Macron a qualifié la menace de “inacceptable” et a promis une réponse coordonnée de l’Europe si elle se confirmait.
« Aucune intimidation ni menace ne nous influencera, ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde lorsque nous serons confrontés à de telles situations. »
Emmanuel Macron, président français
Les Premiers ministres suédois Ulf Kristersson et finlandais Petteri Orpo ont également rejeté la menace de M. Trump, soulignant l’importance du dialogue et du respect de la souveraineté du Danemark et du Groenland. Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store a affirmé que les menaces n’ont pas leur place entre alliés.
Un député irlandais, George Lawlor, a appelé l’UE à ne pas céder à ces “intimidations” et à se préparer à une possible rupture des relations avec les États-Unis. Source : RTE News
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