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Les frontières ne devraient pas être décidées par des chars ou des terroristes, selon le vice-Premier ministre polonais Sikorski

Jaipur, Inde – Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski, a plaidé pour une résolution des conflits internationaux par la négociation plutôt que par la force, lors d'une intervention au Festival de littérature de…

Les frontières ne devraient pas être décidées par des chars ou des terroristes, selon le vice-Premier ministre polonais Sikorski

Jaipur, Inde – Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski, a plaidé pour une résolution des conflits internationaux par la négociation plutôt que par la force, lors d’une intervention au Festival de littérature de Jaipur. Il a également salué l’évolution de la politique énergétique indienne, tout en appelant à une position plus ferme sur la guerre en Ukraine.

S’exprimant avant une rencontre prévue lundi avec son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, M. Sikorski a souligné l’importance de ne pas laisser les frontières être redéfinies par la violence. « Les frontières ne doivent pas être décidées par des chars ou des terroristes », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de privilégier le dialogue et l’arbitrage.

Le ministre polonais a exprimé sa satisfaction face à la réduction progressive par l’Inde de sa dépendance au pétrole russe, quatre ans après le début de la guerre en Ukraine. « La Russie a perdu son marché de gaz et de pétrole le plus lucratif en Europe à la suite de son agression contre l’Ukraine », a-t-il rappelé. « Nous espérons que l’Inde comprend notre douleur, dans le sens où nous avons tous deux été colonisés au XIXe siècle ; la Pologne l’était, tout comme l’Ukraine. »

M. Sikorski a toutefois reconnu les relations historiques et la dépendance traditionnelle de l’Inde à l’égard de la Russie en matière d’armement, tout en soulignant les performances mitigées de ce matériel sur le champ de bataille ukrainien. Il a également évoqué la situation du président Vladimir Poutine, estimant qu’il devrait être reconnaissant envers l’Inde pour ne pas l’avoir renvoyé devant la Cour pénale internationale de La Haye, où il est accusé de crimes liés à l’enlèvement d’enfants ukrainiens.

Interrogé sur la position indienne, le ministre polonais a souligné la complexité de la situation et la nécessité pour l’Inde d’entretenir des relations avec tous les acteurs. « Nous espérons que l’Inde partage notre point de vue selon lequel les principes ont toujours leur importance et qu’un monde dans lequel la loi de la jungle devient acceptable n’est pas un monde bon », a-t-il affirmé. Il a mis en garde contre les avantages à court terme d’un pétrole russe vendu à prix réduit, soulignant la capacité de la Pologne à sanctionner la « flotte fantôme » russe et à entraver ses livraisons.

Concernant les perspectives d’un cessez-le-feu en Ukraine, M. Sikorski a réaffirmé le soutien de la Pologne à l’Ukraine, estimant que la fin de la guerre dépend de la décision de M. Poutine de mettre fin aux hostilités. « Aider la victime d’une agression à résister à l’agresseur, ce n’est pas contre le cessez-le-feu », a-t-il précisé.

Sur la question de l’unité de l’OTAN, le ministre polonais a estimé que l’alliance atlantique était plus forte qu’il y a quatre ans, malgré les doutes initiaux de M. Poutine. Il a souligné l’engagement financier de l’OTAN envers l’Ukraine, avec environ 190 milliards d’euros déjà alloués et une promesse de 90 milliards d’euros supplémentaires sur les deux prochaines années.

M. Sikorski a également abordé les tensions internes au sein de l’OTAN, notamment les menaces américaines de droits de douane, tout en assurant que l’alliance avait déjà surmonté des crises similaires par le passé.

Il a par ailleurs répondu aux critiques concernant une supposée disparité dans la réaction de l’Europe face aux conflits en Ukraine, à Gaza et au Venezuela. « L’invasion russe de l’Ukraine a été particulièrement flagrante et condamnée par l’un des votes les plus massifs de l’histoire de l’Assemblée générale de l’ONU », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant la complexité de la situation à Gaza et en soulignant la condamnation européenne des colonies israéliennes illégales.

Enfin, M. Sikorski s’est dit optimiste quant à la signature prochaine d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Inde, lors du sommet prévu le 27 janvier. Il a souligné l’influence positive des pressions américaines en faveur des droits de douane sur l’accélération des négociations, et a estimé que les deux parties avaient un potentiel économique considérable à exploiter.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.