La présidente de la Cour pénale internationale, Tomoko Akane, a mis en garde contre la disparition de l’État de droit international après des sanctions américaines prononcées par l’administration Trump. Washington cible des juges de la CPI et menace de démanteler le tribunal en représailles à des mandats d’arrêt émis contre des dirigeants israéliens.
Les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans leur opposition frontale à la justice internationale.
Ces mesures drastiques gèlent l’ensemble des transactions financières et immobilières des deux magistrats dans la première économie mondiale et leur interdisent formellement l’accès au territoire américain.
La réponse de Tomoko Akane face à la pression de Washington
Confrontée à cette offensive sans précédent, la magistrate japonaise est sortie de son silence pour exprimer son inquiétude quant à l’avenir de l’ordre international. Dans un communiqué relayé par son éditeur Bungei Shunju, elle a réagi avec calme tout en soulignant la gravité de la situation pour la stabilité juridique mondiale.
La dirigeante de la juridiction basée à La Haye a ainsi pointé du doigt un risque existentiel pour les normes qui régissent la justice pénale mondiale. Ses déclarations font écho aux tensions diplomatiques croissantes entre l’institution judiciaire et les puissances qui refusent de se soumettre à sa juridiction.
Le plan de l’administration américaine pour démanteler la CPI
L’hostilité de la Maison-Blanche envers le tribunal s’est intensifiée après l’émission de mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et au moins un autre responsable israélien en connection avec le conflit à Gaza.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a mené cette charge agressive, affirmant l’intention explicite de son gouvernement de démanteler l’institution judiciaire brique par brique, si nécessaire
, notamment en exerçant de fortes pressions sur les États membres pour qu’ils abandonnent la Cour. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a salué ces manœuvres sur le réseau social X, félicitant Marco Rubio pour avoir mené les efforts résolus de l’administration Trump contre les abus illégitimes de la CPI.
Les répercussions sur les alliances et la fragilité structurelle du tribunal
La stratégie de Washington commence à porter des fruits du côté des opposants au tribunal. Quelques semaines après l’annonce des pressions américaines, le Venezuela et le Tchad ont officialisé leur retrait de l’organisation. Pour le Venezuela, cette décision rompt une adhésion maintenue en 2021 malgré les enquêtes préliminaires visant le gouvernement de Caracas pour de potentiels crimes contre l’humanité.

Les experts soulignent que la fragilité de la CPI réside dans sa dépendance totale envers la coopération des États. Ne disposant ni de force policière propre, ni de pouvoir d’assignation, ni de centre de détention autonome, le tribunal repose entièrement sur le soutien financier, logistique et diplomatique de ses membres. Cette vulnérabilité structurelle expose l’institution aux représailles des superpuissances, bien que l’Union européenne, l’ONU et le Japon aient immédiatement réitéré leur soutien à la présidente visée dès l’annonce des sanctions.
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