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Tout sur les suspensions de visa aux États-Unis

by Nicolas Lefèvre

Publié le 18 janvier 2026 à 14h49. L’administration Trump annonce la suspension des traitements des demandes de résidence permanente pour les ressortissants de 75 pays, une mesure justifiée par des préoccupations liées à l’autonomie financière des immigrants et à l’utilisation potentielle de l’aide sociale américaine.

  • Les demandes de visa de résidence permanente seront suspendues à partir du 21 janvier pour les citoyens de 75 pays.
  • La mesure vise à garantir que les immigrants ne constituent pas une charge financière pour les États-Unis.
  • Plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie sont concernés, ainsi que des nations comme le Brésil, la Russie et l’Égypte.

Les États-Unis vont suspendre le traitement des demandes de visa de résidence permanente pour les ressortissants de 75 pays à travers le monde, a annoncé l’administration de Donald Trump. Cette décision, qui entrera en vigueur le 21 janvier 2026, touche des pays situés sur tous les continents, incluant le Brésil, l’Uruguay, la Colombie, le Nicaragua, Cuba, le Guatemala, Haïti, le Nigeria, le Pakistan, la Thaïlande, la Russie et l’Égypte.

Selon un communiqué du Département d’État, le président Trump a clairement exprimé son souhait que les immigrants soient économiquement autonomes et ne dépendent pas de l’aide sociale américaine. La politique vise à empêcher que « les immigrants de ces pays à haut risque n’utilisent l’aide sociale dans leurs pays d’origine » ou ne deviennent une charge pour l’État américain.

Techniquement, les demandes de visa peuvent toujours être soumises, mais elles ne seront pas traitées. Les visas déjà accordés aux ressortissants de ces pays restent valides. Une exception est prévue pour les personnes possédant la double nationalité qui demandent un visa avec le passeport d’un pays ne figurant pas sur la liste.

La durée de cette suspension est indéterminée, suscitant des inquiétudes quant à son caractère potentiellement permanent.

Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large de restriction de l’immigration menée par l’administration Trump. Le gouvernement américain justifie cette décision en affirmant qu’elle permettra de réduire les coûts liés à l’aide sociale, estimant que les immigrants « épuisent les richesses du peuple américain », selon un autre communiqué du Département d’État.

Les États-Unis disposent déjà d’une règle permettant de rejeter les demandes de visa si le demandeur est susceptible de devenir une « charge publique ». Cependant, l’Immigrant Legal Resource Center, basé aux États-Unis, souligne que de nombreux programmes sociaux ne posent pas de problème de charge publique, tels que l’assistance médicale, les programmes de nutrition et de logement. L’organisation précise que seuls les candidats susceptibles de dépendre d’une aide financière pour subvenir à leurs besoins ou d’une aide gouvernementale à long terme peuvent être rejetés.

L’administration Trump avait déjà tenté d’élargir la portée de cette règle, mais ces tentatives ont été bloquées par l’administration Joe Biden en 2022. La règle de 2022 est toujours en vigueur, mais le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a proposé de nouvelles modifications en novembre, estimant qu’il est trop difficile pour les agents de l’immigration d’évaluer si un migrant pourrait devenir une charge pour l’État, compte tenu des critères limités à leur disposition.

Au cours de son premier mandat, l’administration Trump a également imposé une interdiction totale de voyager à partir de 12 pays en juin 2025, étendue à 39 pays en décembre, avec des restrictions totales ou partielles. La majorité des pays concernés se situent en Afrique, en Amérique latine et en Asie. La Maison Blanche a invoqué un manque de documents fiables, des inquiétudes concernant les séjours prolongés et la nécessité de « faire respecter » les lois sur l’immigration.

Par ailleurs, l’administration Trump a abaissé le plafond d’admission de réfugiés à 7 500 personnes pour 2026, un niveau historiquement bas comparé aux 125 000 fixés par l’administration Biden. Elle a également cherché à limiter l’immigration qualifiée en augmentant les frais de visa pour les entreprises américaines souhaitant embaucher des travailleurs étrangers temporaires.

L’augmentation du nombre d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a également contribué à la diminution de l’immigration. Le ministère de la Sécurité intérieure, sous l’autorité duquel opère l’ICE, affirme avoir expulsé 605 000 personnes en 2025, tandis que 1,9 million auraient quitté le pays volontairement.

Enfin, une proposition gouvernementale présentée en décembre pourrait soumettre les voyageurs en provenance de 42 pays, actuellement exemptés de visa, à des contrôles de leurs activités sur les réseaux sociaux. Parmi ces pays figurent le Chili, l’Australie, la France, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni. Bien que non directement liée à l’immigration, cette mesure témoigne d’une attitude de plus en plus hostile envers les étrangers aux États-Unis.

La suspension des traitements de visa n’affectera pas directement les personnes souhaitant se rendre aux États-Unis pour les Coupe du monde de football qui se déroulera en juin et juillet 2026, ni les touristes ou les voyageurs en séjour de courte durée.

Cependant, les supporters de Haïti et d’Iran ne pourront pas se rendre aux États-Unis pour encourager leur équipe, ces pays figurant sur la liste des interdictions de voyage. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, également qualifiés pour la Coupe du monde de la FIFA, sont également confrontés à des restrictions importantes.

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