Publié le 19 janvier 2024 à 09h52. Face à la menace de droits de douane américains sur les produits européens, l’Union européenne se prépare à une riposte commerciale massive, voire à l’activation d’un mécanisme de défense économique inédit, après les déclarations du président Trump concernant l’achat du Groenland.
- Le président du Conseil européen, António Costa, convoquera un sommet exceptionnel pour répondre à la situation.
- L’UE envisage des contre-mesures tarifaires pouvant atteindre 93 milliards d’euros, ciblant notamment le bourbon américain, les pièces d’avion, le soja et la volaille.
- Paris pousse à l’activation d’un « bazooka commercial » pour contrer toute forme de chantage économique.
La tension monte entre les États-Unis et l’Union européenne après l’annonce, samedi, par Donald Trump de l’imposition de droits de douane punitifs sur les marchandises européennes. Ces tarifs, qui débuteraient à 10 % dès le 1er février et atteindraient 25 % le 1er juin, sont conditionnés à un accord d’achat du Groenland par les États-Unis. Huit pays européens de l’OTAN, dont l’Allemagne, qui avaient récemment envoyé des militaires en mission exploratoire sur l’île, sont directement concernés par cette menace.
António Costa a entamé des consultations avec les États membres, qui ont révélé une convergence d’opinions : ces droits de douane sont perçus comme une atteinte aux relations transatlantiques et une violation de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis. « Nous sommes prêts à nous défendre contre toute forme de coercition », a déclaré un responsable européen, tout en soulignant la volonté de maintenir un dialogue constructif avec Washington. L’intérêt commun en matière de paix et de sécurité dans l’Arctique, notamment à travers la coopération au sein de l’OTAN, a également été rappelé.
Les ambassadeurs de l’UE se sont réunis dimanche pour discuter des options de riposte. Si aucun accord n’est trouvé avec les États-Unis dans le cadre du différend commercial actuel, les droits de douane punitifs de 93 milliards d’euros, déjà envisagés en juillet, entreront automatiquement en vigueur le 6 février, selon un diplomate européen cité par Reuters. Ces tarifs viseraient des produits américains spécifiques, comme le bourbon, les pièces d’avion, le soja et la volaille.
Parallèlement, la France, par l’intermédiaire de son président Emmanuel Macron, plaide pour l’activation d’un instrument de l’UE destiné à contrer la coercition économique, surnommé « bazooka commercial ». Cette loi permet à l’Union européenne de prendre des contre-mesures lorsque la pression économique est utilisée pour influencer des décisions politiques. Elle pourrait se traduire par l’imposition de droits de douane sur les importations de produits américains, reprenant ainsi les mesures envisagées l’année dernière lors d’un précédent conflit commercial.
Un taux de droits de douane de 15 pour cent s’applique actuellement à la plupart des exportations de l’UE vers l’Amérique depuis l’été.
