Publié le 2024-02-29 10:15:00. Les entretiens d’embauche modernes sont de plus en plus déroutants, allant bien au-delà de la simple évaluation des compétences professionnelles pour sonder la personnalité des candidats de manière inattendue. Une question insolite, demandant à un postulant de s’identifier à un animal, illustre cette tendance absurde et anxiogène.
De plus en plus de candidats se heurtent à des questions surprenantes lors d’entretiens d’embauche, visant à évaluer leur « adéquation culturelle » d’une manière peu conventionnelle. L’une de ces questions, particulièrement déconcertante, consiste à demander au candidat quel animal il serait, et ce, non pas de manière ludique, mais avec une attente de réponse sérieuse et argumentée.
L’expérience, souvent relatée par les candidats, commence par un déroulement normal, une impression de contrôle fragile avant que la question fatidique ne soit posée. Le cerveau s’emballe alors, confronté à l’inattendu. Choisir un lion peut paraître agressif, un chien trop soumis, un aigle trop politique, un cheval synonyme d’épuisement professionnel, un paresseux d’inactivité, et un chat d’insubordination. Toute tentative de clarification est rapidement abandonnée, car toute interrogation sur le but de cet exercice semble suspecte.
La plupart des candidats, pris au dépourvu, optent pour une réponse jugée « sûre », « stratégique » et « approuvée par l’entreprise ». La pieuvre, par exemple, est souvent citée en raison de son intelligence, de son adaptabilité et de sa capacité à gérer plusieurs tâches simultanément. L’accent est alors mis sur le « multitâche », un argument souvent valorisé dans le monde professionnel.
Mais l’interrogatoire ne s’arrête pas là. Le candidat est ensuite invité à justifier son choix. Il se retrouve alors à expliquer la biologie marine à des personnes qui décident de son avenir financier, parlant de flexibilité, de résolution de problèmes et de gestion des priorités. L’absurdité de la situation frappe alors le candidat, qui se rend compte qu’il utilise ses connaissances universitaires pour expliquer pourquoi il se considère comme un céphalopode.
Dès lors, l’entretien prend une tournure étrange. Chaque réponse est interprétée comme un symbole animal, évaluant si le candidat est plutôt collaborateur ou prédateur, s’il migre ou s’il perd le contrôle sous la pression. À la fin de l’entretien, le candidat, remercié pour son temps, se retrouve à chercher sur internet si la pieuvre est une « mauvaise réponse » à un entretien d’embauche, conscient que son avenir professionnel pourrait bien dépendre de son choix d’espèce.
Cette situation illustre l’évolution des méthodes de recrutement, où l’expérience et les qualifications ne suffisent plus et où l’adéquation culturelle, évaluée de manière parfois arbitraire, prend une importance croissante.
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