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Jura. Saison de fauche : des faons sauvés grâce à l’utilisation de drones

by Thomas Caron
Le conflit saisonnier entre fauche et mise bas
Dans le Jura, la saison de fauche débutée en mai 2026 voit le déploiement de drones thermiques pour sauver des faons. Ces animaux, instinctivement immobiles et cachés dans les herbes hautes, sont souvent victimes des machines agricoles. Des associations et fédérations utilisent cette technologie pour les localiser avant le passage des faucheuses.

Le conflit saisonnier entre fauche et mise bas

Le mois de mai marque une période critique dans les prairies du Jura. C’est la saison où les chevrettes donnent naissance à un, deux ou parfois trois petits, selon Leprogres. Pour protéger leur progéniture des prédateurs, les mères choisissent les herbes hautes, profitant du fait que les faons n’ont aucune odeur, comme le précise l’association SOS Sauvons Les Faons.

Cependant, ce calendrier naturel coïncide avec le début de la saison de fauche pour les agriculteurs. La récolte du foin est impérative pour constituer les réserves hivernales des troupeaux, une nécessité dictée notamment par le cahier des charges de l’AOP comté, rapporte Leprogres. Cette opération est soumise à des contraintes météorologiques strictes, obligeant les exploitants à agir rapidement dès que le temps le permet.

Le danger pour les faons réside dans leur instinct de survie. Face à une menace, ils restent immobiles, ce qui les rend quasiment impossibles à repérer à l’œil nu pour un conducteur de machine agricole. Sans intervention, les animaux sont fauchés ou mutilés par les équipements, un phénomène qui touche chaque année des milliers de spécimens selon Le chasseur français.

La détection thermique comme bouclier technologique

L’utilisation de drones change la donne en remplaçant les recherches pédestres, souvent fastidieuses et incomplètes. Le drone survole la parcelle et utilise une caméra thermique pour détecter toute source de chaleur, permettant d’identifier des faons autrement invisibles dans la végétation.

Une fois l’animal repéré, deux protocoles sont appliqués selon Le chasseur français :
1. Si le faon est immobile, une caisse est posée délicatement sur lui pour le protéger. Le secteur est alors identifié afin que l’engin agricole puisse contourner la zone.
2. Si le faon est plus mobile, il est déplacé vers un endroit sécurisé, à l’abri du passage des machines.

Cette approche technologique permet de couvrir des surfaces importantes avec une précision que l’observation humaine ne peut égaler.

Un déploiement progressif depuis la Suisse

Chasseurs et agriculteurs s'associent pour sauver des faons de la fauche

L’initiative de survol des terres par drone est née en Suisse, portée par des collaborations entre pilotes de drones, agriculteurs et chasseurs, d’après Le chasseur français. Ce modèle s’est ensuite exporté vers d’autres pays européens, notamment l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, avant d’arriver en France.

En France, l’adoption a été structurée par les instances cynégétiques. En 2021, quatre Fédérations Départementales de Chasseurs ont investi dans cette technologie : le Jura, le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort. Depuis, l’usage s’est étendu à d’autres régions, incluant l’Île-de-France, la Haute-Savoie et la Moselle.

L’efficacité de ce dispositif est illustrée par des résultats concrets. Le chasseur français rapporte qu’en Moselle, 17 faons ont été sauvés en une seule journée grâce à ce système.

L’action coordonnée des bénévoles et des fédérations

Le sauvetage repose sur une synergie entre des structures institutionnelles et des associations bénévoles. L’organisation SOS Sauvons Les Faons mobilise ainsi des équipes de volontaires équipés de drones thermiques pour analyser les champs entre mai et juillet.

L’objectif affiché par l’association est d’utiliser ces outils pour

empêcher l’hécatombe actuelle en sauvant la vie de ces adorables petites bêtes
SOS Sauvons Les Faons

L’enjeu est de concilier les intérêts économiques des agriculteurs, dont la survie dépend de la qualité du foin récolté, et la préservation de la biodiversité locale. En intégrant la détection thermique dans le cycle agricole, les acteurs du territoire transforment une menace systématique en un risque gérable, réduisant drastiquement la mortalité accidentelle des jeunes cervidés durant la période de fauche.

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