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Des Chercheurs Découvrent des Fossiles Dénisoviens dans la Grotte de Bianfu

Des chercheurs ont mis au jour une collection exceptionnelle de fossiles et d'outils attribués aux Dénisoviens dans la grotte de Bianfu, dans le sud-ouest de la Chine.

Person wearing hat digging things out of dirt floor in cave

Des chercheurs ont mis au jour une collection exceptionnelle de fossiles et d’outils attribués aux Dénisoviens dans la grotte de Bianfu, dans le sud-ouest de la Chine. Datés entre 134 000 et 167 000 ans, ces vestiges éclairent pour la première fois le mode de vie et l’adaptation environnementale de ces cousins disparus d’Homo sapiens.

La découverte archéologique, menée dans la province du Yunnan, offre un aperçu inédit sur un groupe humain dont l’existence fut longtemps devinée presque uniquement à travers l’ADN laissé dans certaines populations humaines modernes, comme les Autochtones d’Australie. Jusqu’à présent, les restes physiques de ces hominines mystérieux se comptaient sur les doigts d’une main, depuis la découverte initiale d’un fragment de os de doigt dans la grotte de Denisova en Sibérie en 2008.

Des fouilles urgentes face à la destruction de la grotte de Bianfu

Située dans le district de Heqing, dans l’ouest du Yunnan, la grotte de Bianfu a fait l’objet de fouilles en 2019 par l’Institut des reliques culturelles et d’archéologie du Yunnan et d’autres instituts partenaires. Le site a dû être exploré en urgence en raison de travaux d’ingénierie à proximité qui menaçaient d’effondrer la montagne, rendant la cavité désormais inaccessible.

Bo Li, de l’Université de Wollongong, a indiqué par l’intermédiaire d’ABC News & Headlines – Australian Broadcasting Corporation que les fossiles et le matériel culturel avaient fort heureusement été sauvés et étaient désormais préservés.

Avant que l’entrée du site ne soit détruite, les équipes ont extrait environ 60 000 fragments d’os et des milliers d’artefacts en pierre. Un modèle chronologique bayésien combinant la luminescence optiquement stimulée et les dates de la série U a établi une fourchette temporelle s’étendant d’environ 190 000 à 70 000 ans, faisant de ce gisement le plus ancien site paléolithique découvert dans l’ouest du Yunnan.

L’analyse protéomique confirme la présence dénisovienne

Pour identifier la nature exacte des restes humains au milieu de dizaines de milliers de restes fauniques, les chercheurs ont combiné l’analyse morphologique et des méthodes biochimiques avancées, notamment la technique ZooMS et la spectrométrie de masse en tandem, sur des échantillons prélevés sur l’émail et la dentine.

Sur les 22 fragments osseux initialement suspectés d’appartenir à des hominines, sept restes ont livré une signature protéique caractéristique des Dénisoviens : un os de bras, deux fragments de crâne et quatre dents comprenant une incisive, une prémolaire et deux molaires. L’analyse morphologique de ces dernières a révélé de fortes affinités avec les spécimens découverts à Xiahe sur le plateau tibétain, au Laos, ainsi qu’avec les fossiles d’Homo archaïque du Pléistocène moyen tardif de Hualongdong.

Mike Morley, de l’Université Flinders, a déclaré par l’intermédiaire d’ABC News & Headlines – Australian Broadcasting Corporation qu’il était particulièrement stimulant de se dire que les Dénisoviens n’étaient pas seulement des hominines isolés vivant au fin fond de la Sibérie.

Régime alimentaire et adaptation environnementale dans le Yunnan

L’un des apports majeurs de ces travaux, publiés dans la revue Nature, réside dans l’association directe entre les fossiles humains et les indices environnementaux et culturels du site.

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Photo: Nature

Bo Li, de l’Université de Wollongong, a expliqué par l’intermédiaire d’ABC News & Headlines – Australian Broadcasting Corporation que les fossiles étaient directement associés à des outils en pierre, des outils en os, des restes d’animaux et des indices environnementaux, ce qui permet d’étudier simultanément la biologie, la technologie, le régime alimentaire et l’adaptation des Dénisoviens.

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Photo: Nature

Les données polliniques et fauniques indiquent que les Dénisoviens de Bianfu évoluaient dans un environnement forestier ou de steppe boisée dominé par des conifères. L’examen des plus de 64,000 fossiles de mammifères exhumés du site a permis d’identifier plus de 100 individus de cerfs et de bovidés, aux côtés de quantités moindres de rhinocéros et de hyènes. Les ossements portent des marques de découpe et des éraflures témoignant d’une activité humaine explicite.

Bo Li, de l’Université de Wollongong, a ajouté par l’intermédiaire d’ABC News & Headlines – Australian Broadcasting Corporation que cela indiquait que les animaux avaient été apportés dans la grotte ou y avaient été traités pour leur viande, leur moelle et leur graisse.

L’industrie lithique récoltée comprend 1 366 objets en pierre, entre outils sur éclats et sur noyaux, ainsi que des outils en os présentant des similarités avec ceux fabriqués par les Néandertaliens.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.