Une explosion de gaz à la mine de charbon de Liushenyu, dans la province du Shanxi, a tué au moins 82 personnes le vendredi 22 mai 2026. L’accident, le pire en Chine depuis 2009, a initialement piégé 247 mineurs. Le président Xi Jinping a exigé une enquête rigoureuse pour identifier et punir les responsables.
Bilan humain et chaos des opérations de secours
L’explosion s’est produite à 19h29 heure locale le vendredi 22 mai dans la ville de Changzhi. Selon des informations rapportées par Yahoo News, le bilan a été revu à la baisse le samedi soir pour s’établir à 82 morts et deux disparus, après qu’une première estimation avait évoqué 90 victimes. Les autorités ont justifié cette confusion par le caractère chaotique des premières heures de l’intervention, rendant le décompte des effectifs imprécis.
Sur les 247 travailleurs présents lors du sinistre, plus de 100 ont été sauvés. Actuellement, 128 personnes sont hospitalisées, dont deux dans un état critique. La majorité des blessés souffrent d’une inhalation de gaz toxiques, bien que la nature exacte du gaz n’ait pas été précisée.

Le ministère chinois de la Gestion des urgences a mobilisé 345 personnels répartis en six équipes de secours. Pour atteindre les zones inaccessibles, les sauveteurs ont déployé des robots d’inspection équipés de capteurs de gaz et de caméras infrarouges.
Cependant, l’opération a été entravée par deux obstacles majeurs : une accumulation d’eau près du site de l’explosion et, fait plus alarmant, une divergence entre les plans fournis par la mine et la configuration réelle des galeries souterraines.
Le témoignage d’un survivant : l’horreur des fumées
Wang Yong, un mineur blessé, a décrit aux médias d’État, cités par ABC News, l’absence soudaine de bruit, remplacée par l’apparition d’un panache de fumée.
“J’ai senti du soufre, la même odeur que lors des tirs de mine. J’ai crié aux gens de courir. Pendant que nous courions, je voyais des gens s’effondrer à cause des fumées. Puis j’ai moi-même perdu connaissance.”
Le survivant a précisé être resté inconscient durant environ une heure avant de se réveiller et d’aider un collègue à sortir de la mine.
Une tragédie prévisible : des alertes ignorées
L’aspect le plus condamnable de ce drame réside dans l’historique de sécurité de la mine de Liushenyu. En 2024, l’Administration nationale de la sécurité des mines de Chine avait déjà classé le site parmi ceux présentant des “risques graves pour la sécurité”.
Le groupe Tongzhou, qui exploite la mine, n’en était pas à son premier avertissement. Selon Yahoo News, l’entreprise a reçu deux sanctions administratives en 2025 pour des manquements aux normes de sécurité.
Les analyses préliminaires révèlent que les niveaux de monoxyde de carbone — un gaz toxique et inodore — avaient “dépassé les limites” autorisées au sein de la mine. Cette donnée suggère une défaillance critique des systèmes de ventilation ou une négligence dans la surveillance de la qualité de l’air.
Pression politique et enjeux industriels du Shanxi
La province du Shanxi est le cœur battant de l’industrie carbonifère chinoise. Avec une population d’environ 34 millions d’habitants, elle a produit 1,3 milliard de tonnes de charbon l’année dernière, soit près d’un tiers de la production totale de la Chine.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le président Xi Jinping a exigé que tous les efforts soient déployés pour soigner les blessés et retrouver les survivants. Le Conseil d’État a promis une enquête “rigoureuse”, affirmant que les responsables seraient “sévèrement punis”.
L’onde de choc a déjà entraîné des mesures immédiates : les autorités locales ont ordonné des inspections de sécurité urgentes dans toutes les mines du Shanxi. La production a été suspendue dans les quatre mines gérées par le groupe Tongzhou.
L’arrestation de certains membres de l’équipe de direction de la mine a été signalée, marquant le début d’une phase judiciaire qui devra déterminer si la catastrophe est le résultat d’une erreur technique ou d’une négligence criminelle orchestrée pour maintenir la cadence de production dans une province où le charbon reste un pilier économique vital.
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