La Russie a lancé d’intenses bombardements de missiles et de drones sur Kiev ce dimanche 24 mai 2026, faisant au moins un mort et 13 blessés. Cette attaque massive, qui a touché des établissements scolaires, survient après des avertissements de l’ambassade américaine et du président Zelensky concernant une frappe imminente.
Le bilan des frappes sur Kiev et le quartier Shevchenkivsky
Le réveil a été brutal pour la capitale ukrainienne. Selon les informations rapportées par 20 Minutes, les explosions nocturnes ont secoué les immeubles de Kiev, accompagnées de tirs de mitrailleuses visant à intercepter des drones survolant le centre-ville.

Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a confirmé qu’au moins une personne a péri et que 13 autres ont été blessées, dont sept ont dû être hospitalisées. L’attaque a frappé avec une précision cruelle les infrastructures éducatives : une école a été directement touchée dans le quartier de Shevchenkivsky. Plus inquiétant encore, une frappe à proximité d’un second établissement scolaire a provoqué l’effondrement de débris, bloquant l’accès à un abri où s’étaient réfugiés des civils.
L’armée ukrainienne a qualifié l’opération de frappe massive, précisant que Moscou a mobilisé un arsenal diversifié, combinant drones et missiles de différents types pour saturer les défenses aériennes.
La menace du missile hypersonique Orechnik
Cette offensive n’est pas une surprise totale. Dès samedi, Volodymyr Zelensky et l’ambassade américaine à Kiev avaient alerté sur un risque imminent. Comme l’a souligné Le Figaro, les services de renseignement occidentaux craignaient l’utilisation du missile Orechnik, une arme hypersonique de portée intermédiaire capable de transporter des ogives nucléaires.
“Nous voyons des signes de préparations pour une frappe combinée sur le territoire ukrainien, y compris Kiev, impliquant divers types d’armes” Volodymyr Zelensky, Président de l’Ukraine
Le déploiement de l’Orechnik au Bélarus, pays frontalier de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, marque une escalade stratégique. Bien que les frappes récentes n’aient pas utilisé de charges nucléaires, la simple présence de ce missile change la donne tactique. Son historique d’utilisation montre une volonté de cibler des infrastructures critiques :
- Novembre 2024 : Frappe contre une usine militaire.
- Janvier 2026 : Attaque contre une usine aéronautique dans l’ouest de l’Ukraine, à proximité des frontières de l’OTAN.
L’utilisation de l’Orechnik place Kiev sous une pression constante, réduisant le temps de réaction des systèmes de défense et augmentant la vulnérabilité des centres urbains.
Le cycle des représailles après l’attaque de Starobilsk
L’origine immédiate de cette violence nocturne remonte à la nuit de jeudi à vendredi. Un raid ukrainien par drones a frappé la ville de Starobilsk, située dans une région occupée par la Russie. Le bilan est lourd : au moins 18 morts et plus de 40 blessés.
Le Kremlin a justifié les bombardements de ce dimanche comme une réponse directe à cet événement. Vladimir Poutine avait explicitement promis une riposte militaire après que des bâtiments éducatifs ont été touchés à Starobilsk. Cependant, les versions divergent radicalement sur la nature de la cible.
Alors que Moscou dénonce une attaque contre des civils, Kiev a fermement démenti avoir visé des populations non combattantes. L’Ukraine affirme avoir frappé une unité russe de drones stationnée dans la région, transformant l’incident en un bras de fer informationnel où chaque camp accuse l’autre de crimes de guerre.
Le rôle ambigu du Bélarus et l’offre de Loukachenko
Parallèlement aux missiles, une guerre diplomatique s’engage au nord. Alexandre Loukachenko a proposé, vendredi dernier, de rencontrer Volodymyr Zelensky pour discuter des relations entre Minsk et Kiev. Une offre que l’Ukraine a immédiatement rejetée.
“Depuis 2022, il est évident pour tout le monde que les paroles de cet homme ne veulent rien dire et que nous devons nous intéresser à ses actes” Dmytro Lytvyn, conseiller de Volodymyr Zelensky, via Euronews
Cette méfiance est ancrée dans l’histoire récente. En 2022, Loukachenko affirmait également que le Bélarus ne s’impliquerait pas dans le conflit, tout en laissant Moscou utiliser son territoire pour lancer l’invasion vers Kiev et la région de Tchernihiv. Aujourd’hui, Kiev redoute un scénario similaire.
La tension est palpable à la frontière. Lors d’une visite à Slavoutytch, à seulement 50 km de la limite bélarusse, le président ukrainien a averti que son pays était prêt à prendre des mesures préventives. Cette posture intervient dans un climat électrique, marqué par des exercices nucléaires conjoints entre Minsk et Moscou et des incursions de drones signalées dans les pays baltes.
L’enjeu des prochains jours sera de déterminer si les frappes sur Kiev sont un acte isolé de représailles pour Starobilsk ou le prélude d’une offensive terrestre majeure lancée depuis le nord. Pour l’heure, la population civile reste la première victime de cette stratégie de terreur aérienne.
Sur le même sujet
