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Backrooms’ Turns an Online Obsession Into Box-Office Gold

Le film Backrooms, réalisé par Kane Parsons, a dominé le box-office nord-américain avec un week-end d'ouverture de 118 millions de dollars. Ce succès, couplé à celui du film d'horreur Obsession, marque l'ascension fulgurante de créateurs issus de YouTube…

La performance financière exceptionnelle d'Obsession

Le film Backrooms, réalisé par Kane Parsons, a dominé le box-office nord-américain avec un week-end d’ouverture de 118 millions de dollars. Ce succès, couplé à celui du film d’horreur Obsession, marque l’ascension fulgurante de créateurs issus de YouTube vers le cinéma traditionnel, redéfinissant ainsi les codes de la distribution hollywoodienne.

La performance financière exceptionnelle d’Obsession

Le film d’horreur à petit budget Obsession a réalisé une performance financière qui défie les lois habituelles du genre. Selon les données rapportées par Variety, le long-métrage a récolté 23,9 millions de dollars lors de son deuxième week-end dans 2 655 cinémas nord-américains, et a atteint 30,2 millions de dollars sur l’ensemble du week-end prolongé du Memorial Day.

Ces chiffres représentent une hausse de 39 % par rapport à son premier week-end, où il avait généré 17,2 millions de dollars dans 2 615 salles. Pour un film déjà sorti en large distribution, une telle progression est rarissime, particulièrement dans le cinéma d’horreur, secteur où les recettes s’effondrent généralement après le lancement. À ce jour, Obsession a accumulé 60,7 millions de dollars en Amérique du Nord et 75 millions de dollars au niveau mondial, alors qu’il a été produit pour moins d’un million de dollars.

C’est vraiment inouï. Je ne sais pas si j’ai déjà vu un film connaître un tel bond lors du deuxième week-end. C’est indicatif de l’adhésion du public au film.

Le succès repose sur un bouche-à-oreille exceptionnel, soutenu par une note de « A- » aux sondages de sortie CinemaScore et un score de 94 % sur Rotten Tomatoes. Cette réception critique et publique est d’autant plus notable que le public est extrêmement jeune : 75 % des spectateurs d’ Obsession sont âgés de 18 à 25 ans.

L’émergence des créateurs issus du numérique

Parallèlement à l’ascension d’ Obsession, le film Backrooms a frappé un coup monumental. Comme le souligne TheWrap, le long-métrage a enregistré un week-end d’ouverture de 118 millions de dollars. Cette performance propulse Kane Parsons au rang de plus jeune réalisateur à dominer le box-office d’un seul coup.

L'émergence des créateurs issus du numérique
cluster (priority): TheWrap

Cette réussite ne provient pas d’une stratégie marketing traditionnelle, mais d’une base de fans préexistante, forgée dans les méandres du contenu numérique. Parsons, comme Curry Barker (réalisateur d’ Obsession), a affiné son art en ligne avant de passer au grand écran, transformant une obsession numérique en or cinématographique.

Pour Mark Duplass, ces succès ne sont pas des anomalies, mais les symptômes d’un changement structurel dans la création cinématographique. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, l’acteur et producteur a décrit ces performances comme une lueur d’espoir pour les jeunes créateurs qui tracent leur propre chemin en ligne.

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Je ne veux pas exagérer. Je sais à quel point les choses peuvent être compliquées et désespérées. Mais c’est cool. Nous savons maintenant que nous avons un accès démocratisé à la technologie. Nous nous demandions où placer ces œuvres parce que le système de distribution est tellement fracturé. Mais nous avons un exemple de créateurs travaillant dans l’ombre, mettant leurs œuvres en ligne, bâtissant un public, et maintenant les détenteurs des cordons de la bourse vont le remarquer probablement un peu plus tôt parce qu’ils voient ce qu’ils peuvent faire au box-office.

L’analyse de Duplass met en avant l’utilisation d’outils accessibles comme l’iPhone ou le logiciel Blender, encourageant les futurs cinéastes à produire et diffuser leurs contenus indépendamment avant de solliciter les studios.

Un changement de paradigme pour l’industrie

L’industrie observe un changement de paradigme. Jason Blum, dont la société Blumhouse-Atomic Monster a produit Obsession, note que le public actuel recherche des expériences plus marginales.

Il y a une nouvelle génération de cinéphiles qui déclarent un goût très spécifique pour des films d’horreur assez décalés. Il y a beaucoup d’inquiétudes concernant les salles de cinéma, et ceci est un véritable nouveau domaine de croissance.

Blum souligne que Backrooms et Obsession représentent un nouveau type de cinéma, qualifiant ces œuvres de provocateurs, bizarres et complètement fous. Cette tendance s’inscrit dans la lignée d’autres succès originaux comme M3GAN, The Black Phone, Barbarian, Longlegs ou Talk to Me, qui ont refusé de suivre la courbe habituelle de chute rapide des recettes après le premier week-end.

Le nouveau modèle économique de la production

Cette mutation redessine la relation entre les plateformes numériques et les grands studios de production. Selon Jawlah, le succès de réalisateurs comme Jared Hess ou Danny Philippou (issu de la chaîne RackaRacka) démontre que les frontières entre le contenu numérique et le cinéma traditionnel s’estompent.

Le nouveau modèle économique de la production
cluster (priority): Jawlah

Le modèle économique évolue : les studios ne cherchent plus seulement des talents formés dans des écoles de cinéma ou via des stages en studio, mais des créateurs possédant déjà une communauté massive et une expérience pratique du storytelling visuel.

L’avantage est double pour les maisons de production :

  • Réduction du risque : Le créateur arrive avec un public déjà acquis, éliminant une partie de l’incertitude liée au lancement d’une nouvelle propriété intellectuelle.
  • Compétences agiles : Ces réalisateurs maîtrisent la production rapide et l’engagement direct avec l’audience, des compétences cruciales pour capter la génération Z.
  • L’industrie ne voit plus YouTube comme un simple canal de distribution, mais comme un incubateur de talents où les idées sont testées et validées par des millions de spectateurs avant même que le premier dollar de budget studio ne soit investi.

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    À propos de l’auteur: Antoine Girard

    Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.