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Abelardo de La Espriella en tête au premier tour de l’élection colombienne

Le premier tour de l’élection présidentielle colombienne, ce dimanche 31 mai, a révélé un basculement politique majeur : Abelardo de la Espriella, avocat multimillionnaire et figure montante de l’ultra-droite latino-américaine, a remporté 43,72 % des voix, devançant de…

Un candidat de droite en tête : la surprise du premier tour

Le premier tour de l’élection présidentielle colombienne, ce dimanche 31 mai, a révélé un basculement politique majeur : Abelardo de la Espriella, avocat multimillionnaire et figure montante de l’ultra-droite latino-américaine, a remporté 43,72 % des voix, devançant de moins de trois points son adversaire de gauche, Iván Cepeda. Ce résultat, inattendu pour les sondages, place la Colombie au cœur d’un débat sur l’avenir de ses institutions, de son économie et même de ses symboles nationaux, à quelques semaines de la Coupe du monde 2026.

Un candidat de droite en tête : la surprise du premier tour

Abelardo de la Espriella, surnommé « le Tigre », a pulvérisé les pronostics en arrivant en tête du premier tour avec 43,72 % des voix, selon les résultats officiels. Son ascension fulgurante s’appuie sur un discours sécuritaire et ultralibéral, rappelant les stratégies de figures comme Jair Bolsonaro au Brésil ou Donald Trump aux États-Unis. Iván Cepeda, héritier politique du président sortant Gustavo Petro et favori des sondages jusqu’à la veille du scrutin, n’a obtenu que 40,9 % des suffrages, un score honorable mais insuffisant pour éviter un second tour, prévu le 21 juin.

Un candidat de droite en tête : la surprise du premier tour
Abelardo de la Espriella Gustavo Petro

Cette performance électorale a immédiatement des répercussions économiques. Les actions de sociétés colombiennes cotées aux États-Unis, comme GeoPark (+2,9 %), Ecopetrol (+7,7 %), ou encore le fonds indiciel Global X MSCI Colombia ETF (+6 %), ont bondi en pré-ouverture lundi 2 juin, reflétant l’optimisme des marchés face à une victoire potentielle de la droite. « Les résultats du premier tour devraient déclencher une réaction positive du marché sur toutes les classes d’actifs locales, compte tenu de la forte dynamique en faveur d’Abelardo de la Espriella », soulignent les analystes de Morgan Stanley, cités par Boursorama.

Le maillot de l’équipe nationale, symbole politique en jeu

Au-delà des chiffres, c’est un symbole qui cristallise les tensions : le maillot de l’équipe nationale de football colombienne. De la Espriella a habilement instrumentalisé les couleurs jaune et bleu de la sélection nationale, les associant à sa campagne pour en faire un étendard de son mouvement « Défenseurs de la Patrie ». Cette stratégie, déjà utilisée par Bolsonaro au Brésil, a provoqué la colère d’Iván Cepeda, qui a accusé son rival de « voler » ce symbole collectif.

Le maillot de l’équipe nationale, symbole politique en jeu
cluster (priority): RMC Sport

For more on this story, see Abelardo de la Espriella, avocat pro-Trump, en tête du premier tour de la présidentielle colombienne.

Propuesta de Abelardo de la Espriella en materia de seguridad | Dos Puntos

« M. de la Espriella a l’habitude de voler des choses, maintenant il vole le maillot de l’équipe nationale colombienne. »

— Iván Cepeda, candidat de gauche, cité par <a href="https://rmcsport.bfmtv.com/football/coupe-du-monde/coupe-du-monde-2026-pourquoi-le-maillot-de-la-colombie-est-au-coeur-de-tensions-politiques-avant-le-mondial_AV-202606010907.

Lors d’un rassemblement dimanche soir, De la Espriella et sa famille sont apparus vêtus des maillots de l’équipe nationale, une image qui a renforcé l’association entre sport et politique. « Depuis quand l’équipe nationale colombienne est-elle devenue la propriété de la campagne de M. de la Espriella ? », a rétorqué Cepeda, rappelant que le football est un patrimoine partagé. Selon l’anthropologue David Quitian, interrogé par l’AFP, cette instrumentalisation vise à « unir passion sportive et passion politique », une tactique qui séduit une partie de l’électorat.

Les enjeux économiques : reprise attendue, mais défis persistants

Les marchés colombiens anticipent une reprise en cas de victoire de la droite, comme le souligne Kimberley Sperrfechter, économiste chez Capital Economics : « Les actifs colombiens connaîtraient une reprise en cas de victoire d’un candidat de droite à l’élection présidentielle. » Cependant, les analystes restent prudents. Même avec un glissement vers la droite, « les problèmes budgétaires de la Colombie finiront par revenir sur le devant de la scène », avertit-elle, soulignant que les défis structurels, comme le déficit public, ne seront pas résolus par un simple changement de gouvernement.

Les résultats du premier tour ont aussi mis en lumière les divisions de la droite colombienne. Paloma Valencia, candidate de la droite traditionnelle, n’a obtenu que 6,92 % des voix, un score dérisoire qui illustre l’effondrement de son parti face à l’ascension fulgurante de De la Espriella. Ce dernier, sans expérience politique avant 2022, a su capitaliser sur les frustrations liées à l’insécurité et à la corruption, thèmes centraux de sa campagne.

Vers un second tour tendu : sécurité, football et polarisation

Le second tour, prévu le 21 juin, s’annonce comme un duel serré entre deux Colombiens aux visions opposées. De la Espriella mise sur une ligne dure en matière de sécurité, promettant de lutter contre les guérillas et les cartels, tandis que Cepeda défend un héritage progressiste, celui de Gustavo Petro. La Coupe du monde 2026, qui commence le 17 juin, pourrait aussi jouer un rôle dans cette campagne. Les deux candidats ont déjà commencé à mobiliser les foules autour de l’événement sportif, transformant le football en enjeu politique.

Vers un second tour tendu : sécurité, football et polarisation
cluster (priority): news.google.com

Pour les Colombiens, ce scrutin est bien plus qu’une élection présidentielle : c’est un référendum sur l’avenir du pays. Entre espoirs de stabilité économique et craintes de dérives autoritaires, le choix des électeurs sera déterminant. Une chose est sûre : quel que soit le vainqueur, la Colombie ne sera plus la même après ce premier tour historique.

Les marchés, les symboles nationaux et les divisions sociales sont désormais au cœur d’un débat qui dépasse largement le cadre électoral. À quelques jours du second tour, tout reste possible — et tout reste à jouer.

<!– /wp:paragraph De la Espriella a ainsi transformé un symbole sportif en enjeu politique, alimentant un débat qui divise l’opinion publique colombienne bien au-delà du terrain de football.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.