Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a annoncé, ce mercredi 3 juin 2026, la levée du veto de Budapest sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Cette décision fait suite à un accord sur les droits de la minorité hongroise, débloquant ainsi un processus gelé depuis deux ans par l’administration précédente.
L’accord sur la minorité hongroise en Transcarpathie
Le point de friction historique résidait dans la région de Transcarpathie, à l’ouest de l’Ukraine, où vit une communauté hongroise d’environ 100 000 personnes. Les tensions portaient sur l’accès à l’éducation et l’usage de la langue hongroise, des enjeux que Budapest utilisait comme levier politique pour paralyser Bruxelles.Nous sommes parvenus à un accord global avec l’Ukraine sur l’extension des droits linguistiques, éducatifs, culturels et politiques de la minorité hongroise, forte de 100 000 personnes.
Péter Magyar, Premier ministre de Hongrie Bien que les détails précis de cet accord n’aient pas été rendus publics, Magyar a précisé que ces engagements seraient intégrés au plan d’action envoyé par l’Ukraine à Bruxelles. Pour Kiev, c’est un prix raisonnable à payer pour sortir de l’impasse et reprendre la marche vers l’intégration européenne.Le déblocage diplomatique et le processus des 33 chapitres
La bascule s’est opérée avec une rapidité surprenante lors d’une réunion d’ambassadeurs à Bruxelles. L’envoyé hongrois a signalé l’assouplissement de ses réserves, forçant un changement d’agenda de dernière minute. Ce geste a permis aux 27 États membres de franchir l’étape procédurale qui était jusqu’alors bloquée, bénéficiant également à la Moldavie, candidate couplée à l’Ukraine. L’adhésion à l’UE est un parcours complexe divisé en 33 chapitres, regroupés en six clusters thématiques. Le premier cluster, dit des « fondamentaux », traite de l’État de droit, des droits de l’homme et de la justice. C’est le premier à être ouvert, mais aussi le dernier à être clôturé. Le veto hongrois avait gelé l’ouverture même de ce premier bloc.Ce développement positif envoie un message fort d’unité et de détermination.
Porte-parole de Chypre, pays président de la réunion Taras Kachka, vice-premier ministre ukrainien chargé de l’intégration européenne, a salué cette avancée, affirmant qu’ellenous rapproche de notre avenir européen communselon les informations rapportées par Euronews.
Le référendum et le refus du « fast-track »
Péter Magyar ne souhaite toutefois pas pour autant accélérer le processus. Il s’oppose fermement à une adhésion rapide, une position qu’il partage avec plusieurs autres membres de l’Union. Pour neutraliser les critiques nationalistes à l’intérieur de ses propres frontières, Magyar a introduit une clause démocratique stricte : l’adhésion finale de l’Ukraine sera soumise au vote des Hongrois.Si l’Ukraine parvient à clôturer les 33 chapitres d’adhésion d’ici 10 ou 15 ans, notre pays organisera un référendum juridiquement contraignant sur la question.
Budapest comme futur terrain de négociation pour la paix
Au-delà de l’adhésion européenne, Magyar ambitionne de repositionner la Hongrie comme un acteur diplomatique central dans le conflit russo-ukrainien. Dans un entretien accordé au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, relayé par Reform.news, le Premier ministre a suggéré que son pays pourrait servir de pont entre Moscou et Kiev.Nous pouvons fournir une assistance diplomatique et humanitaire, et la Hongrie pourrait également être un lieu de négociations.

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