Six cinéastes australiens en défi : 10 films en 100 jours
L'ABC lance ce dimanche 7 juin 2026 le reboot de sa série documentaire culte *Race Around The World*. Six cinéastes australiens doivent produire dix films courts en cent jours à travers le monde, sous la direction de l'animatrice…
L’ABC lance ce dimanche 7 juin 2026 le reboot de sa série documentaire culte *Race Around The World*. Six cinéastes australiens doivent produire dix films courts en cent jours à travers le monde, sous la direction de l’animatrice Zan Rowe, pour tenter de remporter un financement de production pour ABC iview.
Un format de production radical et solitaire
Photo: Australian Broadcasting Corporation
Le défi imposé aux participants est aussi simple qu’éprouvant. Chaque cinéaste doit voyager seul à travers dix pays différents sur une période de cent jours. La contrainte technique est majeure : ils doivent écrire, filmer, monter et produire un nouveau court-métrage, d’une durée de deux minutes et demi à quatre minutes, tous les dix jours.
Cette autonomie totale signifie que les créateurs sont les seuls maîtres de leur récit, mais aussi les seuls responsables de leur logistique. Pour préparer ce périple sans destination fixe, les candidats ont dû faire des choix drastiques, incluant la démission de leur emploi ou la gestion du stress liée à l’imprévisibilité. Selon les détails rapportés par ABC News concernant la préparation des candidats, l’organisation du voyage se résume souvent à la gestion d’une seule valise de 23 kilogrammes pour l’intégralité du parcours.
La pression est constante. Au-delà de la création artistique, c’est une course contre la montre où chaque erreur technique ou imprévu logistique peut compromettre la livraison du film suivant. L’isolement est également un facteur clé, puisque chaque participant travaille de manière indépendante pour livrer son œuvre à un public en studio.
Six profils, six visions du monde
Photo: TV Tonight | Australia's Leading TV Blog
La force de cette nouvelle itération réside dans la diversité de ses protagonistes. Chaque cinéaste apporte une sensibilité propre, allant de l’approche documentaire brute à une esthétique plus poétique.
Elliot : Un producteur de contenu de Nouvelle-Galles du Sud, doté d’un bagage en psychologie. Il a déjà filmé dans des favelas au Brésil et des prisons en Argentine. Il cherche à documenter des vérités humaines dans des environnements complexes.
Jayden : Se décrivant comme artistique et poétique, il s’est rendu aux Philippines pour traiter de la pêche illégale.
Kate : Une personnalité décrite comme un « extraverti introverti » qui a exploré la vie ultra en Inde.
William : Passionné et facile à vivre, il s’est concentré sur le commerce de jeans en Égypte.
Lucinda : Une humoriste curieuse qui a exploré l’imitation de Michael Jackson à Las Vegas.
Mikaela : Introspective et organisée, elle a filmé en Alaska pour explorer l’identité des jeunes Iñupiaq.
Les premières réalisations montrent déjà des trajectoires variées. Le récapitulatif de la première semaine de diffusion révèle des sujets profonds, comme le film d’Elliot en Moldavie, intitulé *Between Life and War*, qui suit le combat d’une femme nommée Tatiana contre le cancer alors qu’elle tente de survivre à la guerre.
Chaque candidat possède ses propres rituels de survie créative. Pour William, l’équipement est une priorité absolue :
« Je pense que mon indispensable est mon téléobjectif, » affirme William, soulignant le poids de l’équipement dans ce voyage mouvementé.
William, via ABC News
Kate, de son côté, adopte une philosophie de vie plus spontanée, s’inspirant d’un adage qu’elle affectionne :
« J’ai toujours aimé ce dicton en portugais, « Vive comme si tu devais mourir demain », ce qui signifie qu’il faut simplement profiter de chaque jour. »
Kate, via ABC News
Le retour d’un monument de la télévision australienne
Ce reboot n’est pas une simple relance commerciale, mais une réappropriation d’un héritage culturel. La série originale, diffusée en 1997, a marqué les esprits par son approche documentaire novatrice. Pour l’animatrice Zan Rowe, l’impact de la version initiale a été déterminant pour sa propre carrière.
« C’était une porte incroyable s’ouvrant sur une multitude d’histoires et d’idées que je n’avais jamais imaginées », a déclaré Zan Rowe lors d’un entretien avec The West Australian.
Most 100 Australian films / australian movies
Zan Rowe, via The West Australian
Le jury apporte également une dose de continuité historique. John Safran, figure emblématique de la première série — et célèbre pour sa disqualification passée après l’usage de caméras cachées —, revient en tant que juge principal. Il est épaulé par des experts invités, comme Claudia Karvan et Margaret Pomeranz, dont l’analyse acerbe garantit un niveau d’exigence élevé pour les candidats.
La quête d’un financement pour ABC iview
Au-delà de l’aventure et de la gloire, l’enjeu de cette compétition est strictement professionnel. Les cinéastes ne cherchent pas seulement à survivre à leurs voyages, mais à prouver leur valeur sur le marché de la production documentaire.
Le système de notation est rigoureux. Après chaque présentation de film en studio devant un public, les trois juges évaluent, classent et attribuent des scores aux œuvres. La récompense finale est le moteur de cette ambition : le cinéaste obtenant le score le plus élevé recevra un financement de l’ABC pour produire un court-métrage original de 22 à 28 minutes, destiné à être diffusé sur la plateforme ABC iview.
Pour des profils comme ceux présentés par TV Tonight, ce programme représente bien plus qu’un divertissement ; c’est un tremplin vers une carrière de documentariste professionnel, transformant une expérience de voyage en un véritable portfolio de production.
Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.