L’astronaute Jessica Meir a capturé des images spectaculaires d’aurores australes depuis la station spatiale internationale ce week-end, alors que l’ISS fait face à une fuite d’air. Ces vues magnifiques coïncident avec une série de tempêtes géomagnétiques intenses déclenchées par des éjections de masse coronale provenant du Soleil.
Spectacle céleste et contrastes de lumière depuis l’orbite
Depuis la fenêtre de la capsule Dragon de SpaceX, la Terre ne ressemble à aucune autre. Les astronautes ont pu observer des rideaux de lumière verte et rouge profond s’enroulant autour du limbe terrestre, un phénomène dont l’intensité depuis l’orbite dépasse largement ce que l’on peut percevoir depuis le sol.

L’astronaute de la NASA Jessica Meir, commandante de la mission Crew-12, a partagé ces images spectaculaires d’aurores australes montrant des vagues de lumière verte ondulant sous le vaisseau. L’expérience est si immersive que l’astronaute vétéran Don Pettit a décrit la sensation de "voler dans l’aurore", avec des arcs rouge sang si brillants qu’ils semblaient engloutir le vaisseau spatial.
Cette beauté visuelle cache pourtant une réalité plus complexe pour l’équipage.
« Il se passe beaucoup de choses en ce moment sur l’ISS, mais heureusement nous sommes tous en sécurité et nous avons assisté à un spectacle d’aurores australes spectaculaire hier grâce à un récent événement solaire. »
Fuite d’air et évacuation d’urgence sur l’ISS
Derrière la poésie des aurores, l’équipage de la station spatiale internationale a dû faire face à une situation critique ce vendredi. Une fuite d’air a été détectée, poussant les cinq astronautes à se mettre à l’abri.

Selon les informations rapportées par NDTV, le centre de contrôle de la NASA a ordonné aux quatre membres de la mission Crew-12 d’entrer dans leur capsule SpaceX Crew Dragon à 9h04 (heure de l’Est) ce vendredi. L’équipage est resté confiné dans l’engin de sauvetage pendant environ deux heures, le temps que l’agence et ses partenaires russes examinent le débit de la fuite.
La source de ce problème semble se situer dans le module de service Zvezda, une structure clé de la partie russe de la station. NASA et Roscosmos débattent depuis plusieurs mois de la cause de ces petites fuites d’air et des solutions possibles pour les colmater. Bien que l’ordre d’évacuation ait été annulé deux heures plus tard, l’incident souligne la fragilité de l’habitat orbital.
L’influence des éjections de masse coronale sur l’atmosphère
L’intensité des aurores observées par Meir et Pettit n’est pas un hasard. Elle résulte d’une série d’éjections de masse coronale (CME) lancées par le Soleil le 3 juin dernier. L’une de ces éjections a même semble-t-il "cannibalisé" une autre, amplifiant l’impact sur la magnétosphère terrestre.
Le cycle de 11 ans du Soleil approche de son pic, augmentant la fréquence de ces tempêtes. Les données de la NOAA indiquent que l’activité est passée à des niveaux G2 (modérés) entre le 5 et le 6 juin, avec des prévisions de conditions G3 (fortes) pour les jours suivants.
- 6 juin : Une nouvelle CME a quitté le Soleil.
- 8 juin : Surveillance d’une tempête géomagnétique de niveau G3.
- 9 juin : Surveillance d’une tempête de niveau G2.
Ces tempêtes provoquent une expansion de l’ovale auroral, permettant aux lumières polaires de descendre vers des latitudes moyennes, tant dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud.
Un secteur spatial entre anomalies et nouveaux horizons
L’agitation dans l’espace ne se limite pas à l’ISS. Le secteur privé traverse lui aussi une période de turbulences et de transitions majeures.

Blue Origin a récemment subi un revers important lors d’un test de pré-lancement de sa fusée New Glenn. L’anomalie a provoqué une explosion qui a sévèrement endommagé le pas de tir de l’entreprise au Kennedy Space Center de la NASA. Malgré ce sinistre, Blue Origin a affirmé que tout le personnel était en sécurité et que la fusée New Glenn serait de nouveau prête pour un lancement avant la fin de l’année.
Parallèlement, la NASA prépare l’avenir avec l’annonce attendue de l’équipage d’Artemis III, prévue pour le 9 juin. Ce vol, dont le lancement est programmé pour la mi-2027, marquera une étape cruciale pour le retour de l’humanité sur la Lune. Comme le souligne The Planetary Society, ce calendrier de mission intervient alors que d’autres chapitres se ferment, notamment avec la fin de la mission MAVEN qui, après 11 ans d’étude de l’atmosphère martienne, a perdu tout contact avec la Terre en décembre 2025.