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Zulum hails Tinubu, Ribadu, other security agencies for rescue of 434 Ngoshe captives

Le gouverneur de l'État de Borno, Babagana Zulum, a annoncé le 8 juin 2026 la libération de 434 résidents de Ngoshe, enlevés par Boko Haram le 3 avril dernier. Cette opération, menée dans les montagnes Mandara, représente un…

Des chiffres contradictoires : entre succès officiel et rapports de terrain

Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a annoncé le 8 juin 2026 la libération de 434 résidents de Ngoshe, enlevés par Boko Haram le 3 avril dernier. Cette opération, menée dans les montagnes Mandara, représente un succès tactique majeur pour les forces de sécurité nigérianes sous l’impulsion du président Bola Ahmed Tinubu.

L’opération de secours, qui s’est déroulée dans un bastion des insurgés au sud de l’État de Borno, ne s’est pas limitée à une simple offensive militaire. Elle a été le résultat d’une stratégie combinant renseignement et pression psychologique, visant à déstabiliser les rangs de Boko Haram avant l’assaut final. Cependant, le soulagement de la libération est assombri par des pertes tragiques et des divergences notables sur le nombre exact de victimes récupérées.

Des chiffres contradictoires : entre succès officiel et rapports de terrain

L’un des aspects les plus frappants de cette affaire réside dans l’écart entre les chiffres communiqués par les différentes sources. le gouverneur Babagana Zulum affirme que 434 personnes ont retrouvé la liberté. Selon lui, ce total comprend un groupe principal de 357 personnes libérées récemment, auxquelles s’ajoutent environ 82 autres individus ayant regagné leur liberté spontanément par petits groupes depuis leur enlèvement.

Des chiffres contradictoires : entre succès officiel et rapports de terrain
Photo: Punch Newspapers

Pourtant, d’autres sources rapportent des données différentes. L’armée nigériane, citée par Al Jazeera, fait état de 360 personnes libérées lors de l’intervention du week-end dernier. De son côté, Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance, qui a servi d’intermédiaire entre les terroristes et les victimes, a confirmé la libération de 416 femmes et enfants le 6 juin.

Cette disparité numérique n’est pas anodine. Elle reflète la complexité du suivi des otages dans des zones de combat où les libérations se font parfois par vagues, mêlant opérations militaires et négociations opaques menées par des acteurs locaux.

SourceNombre de captifs libérésDétails
Gouverneur Babagana Zulum434357 récemment + 82 libérations spontanées
Armée Nigériane / DW / Al Jazeera360Libérés lors de l’opération du week-end
Borno South Youth Alliance (BOSYA)416Libérés le 6 juin

Le coût humain et la brutalité des montagnes Mandara

Si l’opération est qualifiée de succès, le prix payé par les plus vulnérables est exorbitant. le porte-parole de l’armée, Haruna Sani, a révélé que deux nourrissons sont décédés durant leur captivité.

Le coût humain et la brutalité des montagnes Mandara
Photo: Al Jazeera

« Deux nourrissons ont succombé à l’épuisement occasionné par le terrain montagneux extrêmement difficile » et aux conditions qu’ils ont endurées durant leur captivité.

Haruna Sani, porte-parole de l’armée nigériane

Les survivants ont été maintenus « dans des conditions difficiles après avoir été enlevés dans plusieurs communautés », selon les rapports militaires. L’évacuation vers des zones sécurisées a été prioritaire pour prodiguer des soins médicaux et un soutien humanitaire d’urgence, l’armée soulignant que cet événement marque « un revers significatif pour le groupe terroriste ».

Une stratégie basée sur la guerre psychologique

L’armée nigériane a utilisé une approche hybride pour neutraliser le bastion de Boko Haram dans le sud de Borno. Avant de lancer l’assaut physique, les troupes ont mis en place des « opérations psychologiques ». L’objectif était clair : semer « la méfiance au sein des rangs insurgés » pour fragiliser la cohésion du groupe avant « le début de la phase d’assaut ».

Pres Tinubu, Gov. Zulum Discuss Security Interventions, Forest Guards, Arms Deployment

Une force d’intervention conjointe, incluant des forces spéciales, a ensuite expulsé les militants de leurs positions. Si certains combattants ont capitulé, d’autres ont réussi à s’enfuir dans les reliefs escarpés des montagnes Mandara, laissant derrière eux des centaines d’otages.

L’économie des rançons et l’insécurité persistante

Cette libération s’inscrit dans un contexte de violence systémique qui dure depuis 2009. Boko Haram a transformé l’enlèvement en un modèle économique lucratif. Selon le cabinet de conseil SBM Intelligence, le groupe a réussi à lever environ 1,66 million de dollars en rançons entre juillet 2024 et juin 2025.

L’État de Borno reste l’épicentre de cette crise, où s’affrontent diverses factions, dont l’ISWAP (affilié à l’ISIL). La pression militaire s’est intensifiée récemment, notamment avec des opérations conjointes avec les États-Unis ayant conduit à la mort de 175 combattants de l’ISWAP le mois dernier, ainsi qu’à l’élimination d’Abu-Bilal al-Minuki, le numéro deux de l’ISIL, à la mi-mai.

La réhabilitation de Ngoshe : le défi du retour

Le retour des survivants vers la communauté de Ngoshe, située au pied des montagnes Mandara, ne se fera pas sans garanties. Le gouvernement a déjà débloqué des millions de nairas pour la reconstruction de la localité, des travaux qui sont désormais presque achevés.

La réhabilitation de Ngoshe : le défi du retour
Photo: DW.com

« Le gouvernement a débloqué des millions de nairas pour réhabiliter la communauté de Ngoshe. À ce jour, les travaux sont presque achevés. Nous échangeons également avec la communauté sur leur retour à Ngoshe ; pour ceux qui souhaitent revenir, nous travaillons avec l’armée nigériane pour établir des arrangements institutionnels qui garantiront leur retour sûr et digne. »

Babagana Zulum, Gouverneur de l’État de Borno

Le gouverneur a insisté sur l’importance du soutien psychologique et médical actuel, tout en exprimant sa gratitude envers le président Tinubu et le conseiller à la sécurité nationale, Nuhu Ribadu, pour leur implication personnelle dans les négociations et la coordination des forces de sécurité, incluant le JTF civil et les gardes forestiers.

L’enjeu pour les prochaines semaines sera la réintégration sociale de ces centaines de victimes. Entre le traumatisme des montagnes Mandara et la peur de nouvelles incursions, la stabilisation de Ngoshe sera le véritable test de la promesse de paix du gouvernement fédéral.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.