La question des mineurs non accompagnés à Ceuta divise profondément les responsables politiques espagnols et européens. Alors que le gouvernement de Madrid met en avant la protection légale des enfants, l’opposition réclame des mesures de renvoi vers le Maroc dans les plus brefs délais.
La position du gouvernement et l’avenir des mineurs à Ceuta
Intervenant ce lundi, la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance, Sira Rego, a affirmé que la plupart veulent rester en Espagne et qu’ils vont rester, bien sûr
, selon des propos rapportés par Euronews. L’exécutif évalue à un nombre compris entre 2 500 et 3 000 le total de ces mineurs dans l’enclave autonome. Environ 1 500 d’entre eux sont arrivés lors de la crise de la fin juillet, tandis que près de 500 se trouvaient déjà sur place auparavant, d’après les chiffres policiers révisés à la baisse.
La ministre a insisté sur l’obligation morale et légale de protéger ces jeunes, dont beaucoup ont fui des situations de violence extrême. Elle a également souligné la nécessité de désengorger le système local en transférant les enfants vers la péninsule, rappelant que la loi sur les étrangers impose une répartition entre les différentes régions espagnoles.
Je ne vais pas renoncer à ce que nous fassions de la politique […] en respectant la loi et l’État de droit, mais aussi de l’empathie. Je trouve terrible la banalisation du mal à laquelle nous assistons.
Sira Rego, ministre de la Jeunesse et de l’Enfance
L’offensive du Parti populaire européen et les exigences de retour
À l’opposé de cette ligne, le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, en visite à Ceuta aux côtés du dirigeant du PP Alberto Núñez Feijóo et du président local Juan Jesús Vivas, a exigé le retour immédiat des migrants, incluant les mineurs. S’appuyant sur le pacte migratoire de l’Union européenne qui qualifie le Maroc de pays tiers sûr, le dirigeant européen a déclaré que le meilleur endroit pour les immigrants mineurs non accompagnés est avec leurs mères et leurs pères.

Manfred Weber a également exhorté Rabat à respecter ses engagements en tant que partenaire stratégique et clé de l’Union européenne, avertissant qu’un échec dans la stabilisation des frontières pourrait entraîner de nouvelles tragédies maritimes semblables à celle de juillet dernier, qui a fait plus de 150 morts en mer selon les données relayées par Euronews.
Tensions institutionnelles et coopération marocaine en question
Sur le plan local, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a vivement critiqué l’évolution de la position de Sira Rego. Selon lui, les autorités locales privilégient le regroupement familial et s’attendaient à une collaboration prioritaire pour le retour des jeunes vers le Maroc, pays qui aurait manifesté une disposition à coopérer selon les déclarations rapportées par Demócrata.
Pendant ce temps, le ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres, a indiqué que Madrid sollicite l’aide du Maroc pour le retour d’une partie des mineurs réclamée par leurs familles, tout en constatant l’absence de réponse aux dossiers transmis jusqu’au 31 juillet, comme le note Linformation. La ministre Sira Rego a elle-même reconnu que la coopération des autorités marocaines demeure généralement limitée, qualifiant de rares les réponses fluides en provenance de Rabat.