L’oncologue Brian Wolpin du Dana Farber Institute a présenté le daraxonrasib lors de la conférence annuelle de l’ASCO à Chicago, révélant que ce nouveau traitement double le taux de survie médiane des patients atteints d’un cancer du pancréas, passant de 6,6 à 13,2 mois, selon les données diffusées.
Le daraxonrasib et le doublement de la survie médiane
La présentation s’est déroulée au McCormick Place, le plus grand centre de congrès d’Amérique du Nord, devant environ 9 000 oncologues. L’annonce a provoqué une réaction inhabituelle pour ce type de congrès : une ovation debout et des applaudissements nourris, comme le rapporte La Presse. Le cancer du pancréas reste l’un des plus meurtriers en raison d’un taux de survie historiquement très bas. Le passage d’une survie médiane de 6,6 mois à 13,2 mois représente un saut statistique majeur. Si le médicament ne guérit pas la maladie, il permet de maîtriser la progression tumorale sur une période nettement plus longue. Ce gain de six mois supplémentaires change la perspective pour les patients. Il s’agit de temps qualitatif, permettant d’assister à des événements familiaux ou de passer des moments avec des proches, sans être systématiquement diminué par les traitements.L’action ciblée sur le gène Kras

Un gain de qualité de vie face à la chimiothérapie
L’accès aux innovations et les attentes des patients français
L’enthousiasme suscité à Chicago contraste avec les réalités du terrain en Europe. En France, environ 433 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année. Si la confiance dans les progrès médicaux est élevée, l’accès concret à ces innovations reste une source d’inquiétude. Une analyse relayée par Charente Libre souligne que 89 % des personnes interrogées dans le Sud-Ouest estiment que les avancées thérapeutiques de la dernière décennie ont amélioré la prise en charge. Cependant, des attentes fortes subsistent concernant l’égalité d’accès à l’innovation sur tout le territoire. Le Collectif Face au (x) Cancer(s), créé en 2024 par Unicancer, Patients en réseau et MSD France, appelle d’ailleurs à garantir un accès plus équitable aux nouvelles thérapies. Le risque est de voir un fossé se creuser entre la découverte scientifique et sa disponibilité réelle pour le patient, notamment en raison d’inégalités territoriales. L’enjeu pour les prochains mois sera de déterminer la rapidité avec laquelle le daraxonrasib pourra être intégré dans les protocoles de soins standards et les conditions de son remboursement pour éviter que l’innovation ne reste l’apanage de quelques centres spécialisés. Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute question médicale ou décision thérapeutique, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.Find more reporting in our Santé section.
