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Victoria Impose un Cadre Durable pour le Développement des Centres de Données

Le gouvernement de l’État de Victoria a dévoilé un plan stratégique le 22 septembre 2026 pour encadrer l’essor fulgurant des centres de données.

Victoria Impose un Cadre Durable pour le Développement des Centres de Données

Le gouvernement de l’État de Victoria a dévoilé un plan stratégique le 22 septembre 2026 pour encadrer l’essor fulgurant des centres de données. Les nouveaux projets devront obligatoirement s’approvisionner en énergie renouvelable, utiliser de l’eau recyclée et respecter une distance minimale de sécurité par rapport aux zones résidentielles.

Face à une ruée vers l’investissement qui pourrait atteindre 150 milliards de dollars australiens d’ici 2030, l’État de Victoria a décidé de poser des balises strictes. Le Premier ministre Ben Carroll a présenté cette semaine le plan d’action pour les centres de données durables, qualifiant ces réglementations de plus robustes et claires du pays. La consommation d’électricité du secteur, qui pèse actuellement environ 5 térawattheures dans le marché national de l’électricité, devrait bondir pour atteindre 34 térawattheures d’ici la période 2035-2036, grimpant d’environ 3 pour cent de la demande totale du réseau à une part beaucoup plus importante d’ici là.

Autonomie énergétique et coûts de raccordement pour les opérateurs

Les promoteurs de nouveaux centres de données devront couvrir leur demande en électricité par de nouvelles installations de production et de stockage renouvelables. Cette obligation cible la consommation réelle des infrastructures en service plutôt que leur capacité théorique, bien que les modalités exactes de vérification restent à coordonner avec le futur cadre fédéral.

Victoria Impose un Cadre Durable pour le Développement des Centres de Données
Photo : energymagazine.com.au

En plus de cette exigence verte, les exploitants devront assumer l’intégralité des coûts de raccordement et des renforcements de réseau nécessaires. Selon William Taylor, directeur des opérations chez ETFshares, cette obligation de devenir en quelque sorte des promoteurs de projets énergétiques exigera des capitaux importants et allongera les délais de mise en œuvre, ce qui pèsera particulièrement sur les acteurs de taille intermédiaire et ceux dépourvus de réserves financières suffisantes.

Contraintes d’implantation et distance de sécurité avec les habitations

Le nouveau cadre réglementaire redessine la carte de l’aménagement du territoire en interdisant l’installation de ces structures gourmandes en énergie dans les zones résidentielles, à proximité des écoles et des garderies, ainsi que dans les régions rurales dépourvues d’infrastructures adéquates. Une zone tampon obligatoire de 150 mètres s’appliquera entre les nouveaux bâtiments de centres de données et les habitations.

Victoria State Ties New Data Centres to Energy and Water Rules | energynews.pro
Photo : energynews.pro

Ces restrictions suscitent des réserves au sein de la filière. Belinda Dennett, directrice générale de Data Centres Australia, a déploré une mesure uniforme qu’elle juge déconnectée des impacts réels de chaque projet. L’association professionnelle estime que cette distance fixe de 150 mètres réduit le nombre de sites économiquement viables et risque de détourner les investissements vers d’autres États dotés de terres industrielles moins contraintes. À l’inverse, Greg Boorer, directeur général de CDC Data Centres, a salué ces directives, affirmant qu’un cadre transparent renforce la confiance des investisseurs et aide les communautés à mieux appréhender l’évaluation des projets.

Greg Boorer a déclaré selon Theurbandeveloper que des cadres clairs contribuent à inspirer cette confiance en établissant des attentes transparentes pour l’industrie, en créant de la certitude pour les investisseurs et en aidant les communautés à mieux comprendre comment les projets seront évalués.

Gestion de l’eau et retombées locales obligatoires

La consommation en eau pour le refroidissement fait l’objet d’un double suivi. Alors que les infrastructures existantes ne prélèvent actuellement qu’une fraction minime de l’eau potable des réseaux de Melbourne et de Geelong, les demandes de raccordement en suspens auprès des services des eaux représentent un volume considérable de près de 19 714 mégalitres par an. Pour juguler cette pression, les nouveaux sites devront utiliser de l’eau recyclée ou non potable. En cas d’indisponibilité immédiate de cette ressource, une compensation et un financement de mise à niveau des infrastructures seront exigés.

A vintage Melbourne tram passes by Victoria
Photo : reuters.com
Developing the most sustainable, scalable and resilient data centres

Parallèlement, le gouvernement met en place une garantie d’investissement local. Les développeurs devront s’engager concrètement auprès des communautés hôtes en finançant des initiatives locales, des programmes de formation, des partenariats avec les structures TAFE et l’aménagement d’espaces verts. Le secteur, qui comptait 50 centres opérationnels concentrés majoritairement dans l’ouest de Melbourne et avait généré 5,8 milliards de dollars d’investissements l’année précédente selon l’exécutif, s’apprête ainsi à changer de modèle. Les huit dossiers déjà soumis à l’évaluation du ministre de la Planification échappent toutefois à ces nouvelles règles et continueront d’être instruits selon l’ancien régime.

Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable 2022-2026 – Pilier prospérité

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.