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Santé

L’inactivité physique tue 50 000 Français par an et coûte 140 milliards d’euros

L'inactivité physique tue 50 000 Français chaque année et coûte 140 milliards d'euros à la société, selon des experts réunis lors des Assises du muscle. Ce fléau frappe la jeunesse, dont les indicateurs de santé — tension, glycémie…

Un gouffre financier et sanitaire pour la France

L’inactivité physique tue 50 000 Français chaque année et coûte 140 milliards d’euros à la société, selon des experts réunis lors des Assises du muscle. Ce fléau frappe la jeunesse, dont les indicateurs de santé — tension, glycémie et cholestérol — se dégradent par rapport aux générations d’il y a vingt ans.

Un gouffre financier et sanitaire pour la France

Un gouffre financier et sanitaire pour la France
Photo: Psychologies.com
La sédentarité n’est plus seulement un enjeu de bien-être individuel, mais une crise économique systémique. Selon les données rapportées par Midi Libre, le coût social de l’inactivité s’élève à 140 milliards d’euros par an en France, un montant qui dépasse de plus du double le budget de l’Éducation nationale. Ce coût est intrinsèquement lié à la fonction biologique du muscle. Bien que souvent méconnu, le tissu musculaire constitue 40 % de la masse corporelle et joue un rôle protecteur contre les maladies métaboliques, les troubles psychiques et les cancers. Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM Téléthon, et Fabrice Chrétien, directeur de la stratégie scientifique de l’Institut de myologie, soulignent que le muscle est un organe vital à tous les stades de la vie, de la période prénatale jusqu’au grand âge. L’enjeu est double : prévenir la fonte musculaire chez les seniors, appelée sarcopénie, et lutter contre la sédentarité chez les plus jeunes, qui saturent les systèmes de soins par des pathologies évitables.

Le phénomène des « maladies de vieux » chez les adolescents

L’alerte est désormais mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la sédentarité comme la quatrième cause principale de décès prématurés dans le monde. Ce qui inquiète le plus les spécialistes, c’est l’apparition précoce de pathologies autrefois réservées aux seniors.

« L’enfant qui ne bouge pas risque le surpoids, l’obésité, le diabète de type 2, la dépression. Ce sont des maladies de personnes de 40 ans. »

Le phénomène des « maladies de vieux » chez les adolescents
Photo: Vietnam.vn
François Carré, professeur de cardiologie, via Psychologies.com Le professeur François Carré, président du collectif Pour une France en forme, note une dégradation biologique concrète chez les élèves de collège. Comme l’indique Psychologies.com, le collégien actuel présente une pression artérielle, un taux de sucre dans le sang et un taux de cholestérol plus élevés que ses homologues d’il y a deux décennies. Cette accélération du vieillissement biologique est corrélée à une baisse drastique de l’activité physique. Les recommandations de l’OMS préconisent au moins 60 minutes d’activité modérée à soutenue par jour pour les 5-17 ans, un seuil que la majorité des jeunes ne franchit plus. En France, les données de Santé publique France de 2024 révèlent que seulement 33 % des filles et 51 % des garçons de 6 à 17 ans respectent ces seuils.

L’impact des vacances et de la disparition des routines

Les dangers de l'inactivité physique par le Professeur Carré cardiologue au CHU RENNES
Si le cadre scolaire impose une certaine structure, la période estivale agit comme un catalyseur de déclin physique. L’absence de routines quotidiennes — lever matinal, trajets et activités extrascolaires — laisse place à une consommation massive d’écrans. Une enquête nationale menée aux États-Unis par Planet Fitness, relayée par Vietnam.vn, illustre cette rupture estivale. Selon Jamie Medeiros, directrice de la marque, la disparition des structures scolaires est la cause majeure de la baisse d’activité des adolescents.
Indicateur (Enquête Planet Fitness)Résultat
Parents inquiets pour la santé ou le stress de leurs enfants66 %
Adolescents affirmant que le sport les rend plus heureux90 %
Adolescents affirmant que le sport aide à faire face aux difficultés93 %
Adolescents passant la majorité de la journée devant des écrans en été81 %
Données issues de l’enquête auprès de 1 000 parents et adolescents (14-19 ans).
La moitié des adolescents interrogés admettent que leur condition physique diminue durant les vacances. Ce recul est d’autant plus préoccupant que les jeunes sont conscients des bénéfices : 72 % des parents estiment qu’une activité régulière améliorerait la santé mentale de leur enfant.

L’espoir de la méthode « Inverser les courbes »

Malgré ce tableau sombre, des leviers d’action existent et les résultats scientifiques montrent qu’un changement de paradigme est possible sans mesures radicales. L’étude intitulée « Inverser les courbes », menée par le collectif Pour une France en Forme auprès de 6 000 collégiens, propose une approche ciblée. L’expérimentation a démontré qu’en intégrant seulement deux séances de 15 minutes d’activité physique individualisée par semaine durant les cours d’EPS, sur une période de six semaines, la capacité physique des élèves s’est améliorée de 4,64 %. Ce résultat est plus du double de celui observé dans le groupe témoin.

« Rien n’est perdu !

L'espoir de la méthode « Inverser les courbes »

For more on this story, see Sédentarité des jeunes français : 80 % inactifs, experts alertent sur risques sanitaires.

François Carré, professeur de cardiologie L’enjeu des prochaines années résidera dans la capacité des politiques publiques à réintégrer le mouvement au cœur de l’école et du monde du travail. Sans une action coordonnée, l’OMS prévoit que le monde comptera 500 millions de malades chroniques supplémentaires entre 2020 et 2030, avec un coût médical annuel estimé à 27 milliards de dollars. Note : Cet article est fourni à titre informatif. Pour toute question relative à votre santé ou à votre programme d’activité physique, consultez un professionnel de santé qualifié.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.