Les indices boursiers américains ont progressé le jeudi 18 juin 2026, effaçant une partie des pertes liées à la posture ferme de la Réserve fédérale sur l’inflation. Ce rebond a été porté par un bond d’Intel suite à l’annonce d’un partenariat avec Apple pour la conception de puces aux États-Unis.
Le partenariat Intel-Apple et le rallye des semi-conducteurs
L’annonce du président Donald Trump a agi comme un catalyseur immédiat pour le secteur des puces. Intel a bondi de 10 % à 10,6 %, propulsé par la nouvelle d’une collaboration avec Apple pour concevoir et fabriquer des semi-conducteurs sur le sol américain. Cette synergie a entraîné le reste du secteur : Nvidia a progressé de 2,7 % et Micron Technology a grimpé de 8,8 % à 9 %. L’ETF iShares Semiconductor (SOXX) a enregistré un bond de plus de 6 %. Pour les investisseurs, l’urgence est claire : la demande massive des centres de données pour l’IA fait grimper les prix, rendant l’augmentation de la production nationale stratégique.« plus d’optimisme quant à la collaboration entre entreprises en raison de l’infrastructure [de l’intelligence artificielle] et des effets de l’IA au sein de nombreuses industries concurrentes. Je pense qu’Apple-Intel était un peu le reflet de ce que l’on pourrait voir à l’avenir. »

Le virage « hawkish » de Kevin Warsh à la Fed
Le marché a été secoué mercredi par la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de la Réserve fédérale. Warsh a adopté un ton jugé « hawkish » (agressif), privilégiant la stabilité des prix au détriment des baisses de taux espérées par les investisseurs. L’élément le plus troublant pour Wall Street réside dans le « dot plot » (le graphique des projections des taux). Les sources divergent légèrement sur le décompte : CNBC rapporte que neuf responsables sur 18 prévoient désormais une hausse des taux en 2026, tandis que le New York Post mentionne neuf officiels sur 19. En mars, un seul membre envisageait une telle hausse.« La réunion d’hier a semblé hawkish, ce qui a surpris les marchés, mais n’aurait pas dû. C’est la théorie des jeux élémentaire : un nouveau président de la Fed doit établir sa crédibilité rapidement. Si le président Warsh ne s’attaque pas à l’inflation dès le départ, il sera extrêmement difficile de reconstruire sa crédibilité plus tard. »

L’accord États-Unis-Iran et la chute du prix du baril
Une détente géopolitique majeure a apporté un soulagement collatéral aux marchés. Un accord signé entre les États-Unis et l’Iran prévoit la fin de leur conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic de pétroliers. Ce passage est critique, car il laisse transiter un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. L’effet sur les prix a été immédiat :- Brent (standard international) : baisse de 1,8 % à 78,16 $ le baril.
- Brent américain : baisse de 2,2 % à 74,33 $ le baril.
« Bien que les investisseurs accueillent l’accord comme une étape constructive pour le risque géopolitique, l’incertitude reste élevée concernant d’éventuelles flambées, le rythme de normalisation du transport maritime, le contrôle de la voie navigable, le coût de l’accès et l’évolution du programme nucléaire iranien. »
SpaceX : la correction après l’euphorie de l’IPO
L’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, subit un ajustement après son entrée fracassante sur le marché boursier la semaine dernière. L’action a chuté de 6,4 % à 6,5 % jeudi, marquant son cinquième jour de cotation. Même avec ce recul, la valorisation reste massive. SpaceX affiche toujours une capitalisation boursière de 2,36 billions de dollars, ce qui en fait la sixième entreprise la plus précieuse des États-Unis. Elle avait brièvement dépassé Amazon et Microsoft plus tôt dans la semaine. Cette volatilité illustre la tension actuelle sur Wall Street : d’un côté, un optimisme technologique porté par l’IA et les infrastructures spatiales, et de l’autre, une réalité macroéconomique où la Fed, sous Kevin Warsh, ne semble plus disposée à faciliter le crédit pour soutenir la croissance.Find more reporting in our Affaires section.
