Le yen a franchi le seuil des 161 contre le dollar américain jeudi dernier, se rapprochant d’un creux de quatre décennies, malgré plus de 70 milliards de dollars d’interventions de la part du ministère des Finances japonais et une récente hausse des taux de la Banque du Japon.
L’échec des interventions massives face à la pression structurelle
La situation de la ministre des Finances japonaise, Satsuki Katayama, devient de plus en plus complexe sur le front des changes. [Selon un rapport de CNBC](https://www.cnbc.com/2026/06/19/japan-yen-intervention-boj-rate-hike.html), après avoir déployé plus de 11,7 billions de yens (soit 72,8 milliards de dollars) de réserves de change pour soutenir la monnaie entre avril et mai, le yen stagne toujours autour du niveau 160 face au billet vert. Même la décision de la Banque du Japon d’augmenter ses taux directeurs pour atteindre un niveau inédit depuis plus de trois décennies n’a pas suffi à inverser la tendance. Le marché a réagi aux commentaires du gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, qui a laissé la porte ouverte à une hausse des taux à court terme, provoquant une légère remontée du yen lundi. Pourtant, cette poussée semble fragile. [D’après les données de CNBC](https://www.cnbc.com/2026/06/19/japan-yen-161-dollar-intervention-risk-currency-markets.html), le yen a atteint un plus bas de 161,80 par dollar, son niveau le plus faible depuis juillet 2024. Si la devise dépasse la barre des 161,96, elle atteindra son point le plus bas depuis 1986. Cette inefficacité des mesures officielles s’explique en partie par le manque d’effet de surprise. Les autorités japonaises ont multiplié les signaux en juin, affirmant être prêtes à prendre une « action décisive » contre la volatilité excessive. Cette transparence a paradoxalement réduit l’impact des interventions.Les décideurs ont communiqué leur avertissement si clairement qu’une frappe préventive pourrait n’apporter qu’un soulagement éphémère.

Le différentiel de taux : le moteur du carry trade

- Rendement des obligations d’État japonaises (JGB) à 10 ans : 2,64 %
- Rendement des bons du Trésor américain à 10 ans : 4,451 %
La politique de reflation et les pressions énergétiques

L’effet de bord d’une Réserve fédérale plus ferme
Le destin du yen semble désormais étroitement lié aux décisions de la Réserve fédérale américaine. [Comme l’indique Investing.com Canada](https://ca.investing.com/analysis/usdjpy-eurusd-outlook-a-different-fed-changes-the-fx-outlook-200625500), un virage plus restrictif (hawkish) de la Fed change radicalement la donne pour les traders de devises. La priorité de la Fed s’est déplacée du marché de l’emploi vers la lutte contre l’inflation, un changement de cap qui renforce le dollar. Le nouveau ton de la Fed, sous l’impulsion de Kevin Warsh, est perçu comme particulièrement ferme. Le communiqué de la banque centrale souligne que l’inflation reste élevée :« en partie » en raison de chocs d’offre découlant des prix de l’énergie, ce qui implique qu’il existe également des facteurs domestiques contribuant à maintenir les pressions inflationnistes élevées. Et voici le plus frappant : Le Comité assurera la stabilité des prix.

For more on this story, see Max Verstappen confronté à des problèmes de grip et d’équilibre chez Red Bull à Barcelone.
La Réserve fédérale, via Investing.com Canada Les projections économiques montrent une division croissante au sein du comité de la Fed. Sur les 18 membres ayant soumis leurs prévisions, neuf anticipent une hausse des taux cette année, tandis que six prévoient au moins deux hausses et un membre en prévoit trois. Ce durcissement américain élargit le différentiel de taux avec le Japon, rendant les interventions de la Banque du Japon de plus en plus difficiles à maintenir sur le long terme.Find more reporting in our Affaires section.