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Bank Al-Maghrib devrait maintenir taux à 2,25% en juin 2026

Bank Al-Maghrib devrait maintenir son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion du 23 juin 2026, selon le consensus des investisseurs institutionnels. Cette décision de statu quo vise à soutenir le financement de l'économie tout en…

Statu quo monétaire face aux risques géopolitiques

Bank Al-Maghrib devrait maintenir son taux directeur à 2,25 % lors de sa réunion du 23 juin 2026, selon le consensus des investisseurs institutionnels. Cette décision de statu quo vise à soutenir le financement de l’économie tout en surveillant la remontée de l’inflation liée à la volatilité des prix de l’énergie.

Statu quo monétaire face aux risques géopolitiques

Le marché financier marocain s’accorde sur une pause de la politique monétaire. Selon les analyses publiées par Boursenews, l’unanimité des investisseurs institutionnels interrogés par BMCE Capital penche pour un maintien du taux directeur lors de la prochaine séance du 23 juin.

Statu quo monétaire face aux risques géopolitiques
Photo: Le Reporter.ma

Cette prudence de la banque centrale s’explique par un environnement international instable. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font peser une menace constante sur les coûts de l’énergie. Cette volatilité a déjà eu des répercussions concrètes sur l’économie nationale : les prix des carburants ont bondi de 21,8 % au cours du seul mois d’avril 2026.

Cette flambée des prix de l’énergie a directement alimenté l’inflation. Après avoir atteint des niveaux historiquement bas de -0,8 % en début d’année, l’inflation nationale est remontée à 0,9 % en mars, pour atteindre 1,7 % en avril. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une inflation moyenne de 1,5 % pour le deuxième trimestre 2026, mais avertit que ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 2,3 % si l’instabilité régionale persiste.

Relance de la croissance et pressions sur les finances publiques

Malgré ces incertitudes inflationnistes, les indicateurs de croissance affichent une dynamique positive. Le HCP a estimé la progression du PIB à 5 % au premier trimestre 2026, une accélération par rapport aux 4,1 % du trimestre précédent. Pour le deuxième trimestre, les prévisions de croissance sont légèrement plus modérées, s’établissant à 4,7 % grâce au redressement du secteur agricole et à la demande intérieure.

Relance de la croissance et pressions sur les finances publiques
Photo: Le Nouvelliste Maroc

Les experts sont d’ailleurs plus optimistes que les chiffres officiels actuels. BMCE Capital Global Research a révisé à la hausse ses projections, tablant désormais sur une croissance économique de 5,7 % pour l’année 2026, contre 5 % initialement. Cette révision repose sur une hausse attendue de 12 % de la valeur ajoutée agricole et de 5,4 % pour la part non agricole.

Cependant, cette expansion économique s’accompagne d’une pression accrue sur le budget de l’État. L’exécution des finances publiques à la fin du mois de mai 2026 fait apparaître un déficit de 27,8 milliards de dirhams, un montant supérieur aux 22,8 milliards enregistrés l’année précédente.

  • Dépenses ordinaires : +13 %
  • Investissements : +9,3 %
  • Recettes fiscales : +9,2 %
  • Recettes globales : +6,6 %

Cette dégradation du solde budgétaire est la conséquence directe d’une croissance des dépenses qui surpasse celle des recettes, malgré une progression notable de la fiscalité.

Déficit de liquidité et volatilité des taux

Le marché monétaire traverse une période de tensions sur la liquidité bancaire. Le Nouvelliste Maroc rapporte que le déficit moyen de liquidité s’est légèrement creusé entre le 11 et le 18 juin 2026, atteignant 156,6 milliards de dirhams.

Bank Al-Maghrib réduit son taux directeur à 2,25%

Dans ce contexte, le taux moyen pondéré interbancaire est resté stable à 2,25 %, s’alignant ainsi sur le taux directeur. La note « Weekly Hebdo Taux – Fixed Income » de BMCE Capital Global Research souligne toutefois un contraste marqué entre les différents segments du marché :

  • **Marché primaire :** Les levées de fonds du Trésor sont restées limitées, avec seulement 860 millions de dirhams retenus sur les 2,2 milliards proposés lors de la dernière adjudication.
  • **Marché secondaire :** Une pression à la hausse est visible sur plusieurs maturités, notamment sur le 2 ans (+8,60 points de base) et le 10 ans (+6,41 points de base).

L’indice MONIA, référence du marché au jour le jour, s’est inscrit à 2,234 % au 16 juin. Parallèlement, le secteur de la dette privée a maintenu son activité avec des émissions de certificats de dépôt par Crédit Agricole du Maroc et BMCI, ainsi que des émissions obligataires par ALEQ.

Anticipations sur les interventions de Bank Al-Maghrib

Face à ce déficit de liquidité, les interventions de la banque centrale devraient s’intensifier. Comme l’indique Le Reporter.ma, Attijari Global Research (AGR) prévoit que Bank Al-Maghrib adoptera une posture prudente tant que l’instabilité au Moyen-Orient persistera.

Anticipations sur les interventions de Bank Al-Maghrib
Photo: Boursenews

Les prévisions suggèrent un renforcement des injections de liquidités. Alors que les avances à 7 jours de la banque centrale s’étaient établies à 43,8 milliards de dirhams sur la période récente, BMCE Capital anticipe une hausse de ce montant à 53,9 milliards de dirhams pour soutenir le marché.

Pour les investisseurs, l’approche de la réunion du 23 juin impose une certaine sélectivité. Si le taux directeur devrait rester immobile, la courbe des taux sur le marché secondaire pourrait encore subir des ajustements modérés, particulièrement sur les maturités intermédiaires.

L’équilibre entre le soutien à la croissance et la maîtrise de l’inflation importée demeure le défi majeur de l’institution monétaire pour le second semestre 2026. Les décisions futures dépendront étroitement de l’évolution des cours énergétiques et de la capacité du Trésor à gérer ses levées de fonds dans un marché de plus en plus exigeant.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.