L’Office National des Aéroports (ONDA) a mobilisé 144 millions de dirhams pour le financement des études d’ingénierie du futur terminal de l’aéroport Mohammed V à Casablanca. Annoncée ce vendredi 19 juin 2026, cette enveloppe vise à préparer l’infrastructure pour l’afflux de voyageurs attendu lors de la Coupe du Monde 2030.
Le budget alloué à la conception technique
Le montant de 144 millions de dirhams ne représente pas le coût de construction du terminal, mais le budget dédié à la maîtrise d’œuvre et aux études techniques préalables. Selon les documents de l’ONDA, ce financement couvre la planification architecturale, les études de sol, l’optimisation des flux de passagers et la définition des besoins technologiques du nouveau bâtiment.
Cette phase d’ingénierie est indispensable pour déterminer l’empreinte exacte du terminal et son intégration dans l’écosystème actuel de l’aéroport. Le budget inclut la conception de systèmes de gestion automatisés pour les bagages et l’implémentation de protocoles de sécurité biométrique. L’objectif est de réduire les goulots d’étranglement constatés lors des pics de fréquentation.
L’ONDA a précisé que ces études doivent aboutir à un plan d’exécution détaillé permettant de lancer les appels d’offres pour les travaux de gros œuvre. La précision de ces études techniques conditionne la maîtrise des coûts finaux du chantier, qui s’élèveront à plusieurs milliards de dirhams.
L’impératif de capacité pour 2030
L’extension de l’aéroport Mohammed V répond à une urgence calendaire liée à l’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030. Le Maroc, co-organisateur avec l’Espagne et le Portugal, prévoit une hausse massive du trafic aérien international. Le hub de Casablanca, principal point d’entrée du pays, doit absorber ce flux sans dégrader la qualité de service.
Les projections de l’ONDA indiquent que les capacités actuelles ne suffiront pas à traiter le volume de passagers attendu durant l’événement. Le nouveau terminal vise à augmenter la capacité d’accueil horaire et à fluidifier le transit vers les autres villes marocaines.
Le projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à transformer Casablanca en un hub aérien majeur entre l’Afrique et l’Europe. L’augmentation de la capacité ne concerne pas seulement le nombre de sièges, mais aussi l’efficacité du traitement des passagers, depuis l’enregistrement jusqu’à l’embarquement.
La stratégie de modernisation de l’ONDA
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Ce projet de terminal s’intègre dans un plan global de modernisation des infrastructures aéroportuaires. L’ONDA a déjà engagé des travaux de mise à niveau dans plusieurs aéroports du royaume, mais le site de Casablanca reste la priorité absolue en raison de son rôle stratégique pour la Royal Air Maroc.
L’agence a privilégié une approche modulaire pour ce futur terminal. Cette méthode permet d’ajuster la taille des installations en fonction de l’évolution réelle de la demande, évitant ainsi le surdimensionnement coûteux. Les études d’ingénierie financées par les 144 millions de dirhams doivent justement définir ces seuils de modularité.
L’accent est également mis sur la durabilité. L’ONDA a indiqué que le nouveau terminal devra intégrer des normes environnementales strictes, notamment en matière de consommation énergétique et de gestion des eaux pluviales, pour s’aligner sur les standards internationaux des aéroports verts.
Les étapes restantes avant le chantier
L’allocation des fonds pour l’ingénierie marque le début d’un processus administratif et technique rigoureux. Une fois les études validées, l’ONDA devra soumettre le projet final aux autorités de régulation et obtenir les approvations budgétaires pour la phase de construction.
Le calendrier prévoit que les études soient finalisées rapidement pour permettre le lancement des travaux de construction bien avant l’été 2030. Le risque principal identifié est le délai de livraison des équipements technologiques spécialisés, dont les chaînes d’approvisionnement restent sensibles.
La réussite de ce projet dépendra de la coordination entre les cabinets d’ingénierie et les entreprises de BTP qui seront sélectionnées. L’ONDA devra gérer la transition entre l’exploitation du terminal actuel et la mise en service du nouveau, afin d’éviter toute interruption du trafic durant les phases critiques du chantier.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.