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Migrants nigériens de retour en Nigeria confrontés à mêmes problèmes économiques

Le 11 juin dernier, des centaines de Nigérians ont été rapatriés de l'Afrique du Sud vers Lagos suite à une montée des tensions xénophobes. Parmi eux, Iniebong James tente de se réinstaller dans un Nigeria marqué par une…

La montée de la xénophobie en Afrique du Sud

Le 11 juin dernier, des centaines de Nigérians ont été rapatriés de l’Afrique du Sud vers Lagos suite à une montée des tensions xénophobes. Parmi eux, Iniebong James tente de se réinstaller dans un Nigeria marqué par une inflation galopante et une hausse massive des prix du carburant suite aux réformes économiques de 2023.

La montée de la xénophobie en Afrique du Sud

La montée de la xénophobie en Afrique du Sud
Photo: arabnews.com
Le retour forcé de nombreux ressortissants africans n’est pas seulement une question de choix économique, mais de sécurité physique. Selon les informations rapportées par ABC News, une augmentation marquée du sentiment anti-migrant en Afrique du Sud a provoqué des marches et des épisodes de violence contre les ressortissants étrangers. Iniebong James, un mécanicien de 52 ans, illustre cette dégradation. Après avoir passé dix ans en Afrique du Sud, où il travaillait dans la province du Cap-Oriental malgré l’expiration de son visa, il a été victime d’une attaque de manifestants anti-immigrés en mai dernier, une agression qui lui a laissé une blessure à la tête. Si l’Afrique du Sud attire traditionnellement des travailleurs de tout le continent en raison de sa relative richesse, elle est aussi le théâtre d’éclats de violence xénophobe sporadiques. Les nationaux sud-africains reprochent souvent aux étrangers d’aggraver le chômage, la pauvreté et la pression sur les services publics.

Le choc économique des réformes de 2023

Le choc économique des réformes de 2023
Photo: abcnews.com
Le paradoxe pour ces migrants est que le pays qu’ils fuient pour sa violence est celui qu’ils ont quitté pour sa précarité. En revenant au Nigeria, ils retrouvent une économie dont la dégradation est bien plus profonde qu’il y a dix ans. Les réformes structurelles entreprises par le président Bola Tinubu en 2023, notamment la suppression des subventions massives sur le carburant, ont radicalement transformé le coût de la vie. Comme l’explique The Washington Post, ces mesures ont entraîné une inflation fulgurante, un phénomène exacerbé par les tensions liées à la guerre entre les États-Unis et l’Iran. L’impact sur le prix du carburant est sans appel :
Année / ContextePrix du litre (en Naira)Prix du litre (en USD)
2016 (Départ de James)85 naira$0.1
2026 (Retour de James)1 400 naira$1.03
Cette explosion des prix affecte le prix de vente de la quasi-totalité des biens et services dans le pays, rendant la survie quotidienne extrêmement complexe pour les nouveaux arrivants.

Le dilemme d’Iniebong James entre liberté et survie

Pour James, le retour est un mélange de soulagement et d’angoisse. S’il se réjouit de retrouver sa « liberté », il craint de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins. Avant son départ en 2016, il travaillait comme chauffeur de camion à Lagos, un emploi perdu suite à la récession économique de l’époque. En Afrique du Sud, sa vie de mécanicien informel était rythmée par la corruption. Il affirme avoir dû verser des pots-de-vin de 200 rands ($12.14) par semaine à des policiers communautaires pour maintenir son atelier ouvert, et avoir payé des agents de l’immigration lors de ses arrestations. Aujourd’hui, l’incertitude domine. Selon un reportage de The Independent, le coût de la vie actuel est son principal obstacle.

« Tout est trop cher »

Nigeria-migrants: le difficile retour des rapatriés
Iniebong James
Sa stratégie de survie repose désormais sur une attente fragile envers l’État.

« Je déposerais mon CV si quelqu’un pouvait m’accepter, mais j’espère encore que le gouvernement m’aidera (à trouver un emploi) »

Iniebong James

L’avenir incertain des programmes de rapatriement

Le gouvernement nigérian a affirmé que les rapatriés allaient « recevoir l’assistance et le soutien appropriés avant d’être réunis » avec leurs familles. Cependant, les détails concrets sur la pérennité de cet accompagnement restent flous. Le ministère des Affaires étrangères n’a pas répondu aux sollicitations concernant les plans à long terme pour l’intégration de ces citoyens. Cette absence de visibilité laisse des centaines de personnes dans une zone grise : elles ont fui la violence physique en Afrique du Sud pour se retrouver confrontées à une violence économique systémique au Nigeria.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.