Le Prix Versailles, remis annuellement à l’UNESCO depuis 2015, dévoile ses finalistes pour 2026 en mettant l’accent sur la durabilité intelligente. La cérémonie, qui se tient traditionnellement au siège de l’UNESCO à Paris, souligne le lien étroit entre l’architecture contemporaine et la promotion de la diversité culturelle mondiale. Parmi les projets retenus, la pièce Charlize, un bar sculptural conçu par le designer Ahmad Hamad pour sa boutique Eclec à Beyrouth, illustre la convergence entre mobilier fonctionnel et art.
L’architecture mondiale et les 24 titres du Prix Versailles
Le Prix Versailles s’est imposé comme une référence pour identifier les projets contemporains les plus aboutis à travers le monde. Le jury mondial, composé d’architectes et de designers de renommée internationale, a pour mission de décerner 24 titres mondiaux, sélectionnés parmi des sites répondant à des critères stricts d’innovation et de créativité. Le processus de sélection examine des centaines de candidatures provenant de tous les continents pour identifier les œuvres qui redéfinissent l’espace urbain et intérieur.
La compétition s’articule autour de catégories spécifiques qui reflètent la diversité des espaces publics et privés :
- Aéroports et gares de passagers
- Campus et installations sportives
- Musées et emporiums
- Hôtels et restaurants
L’objectif n’est pas seulement esthétique. Le concours valorise les réflexions sur l’héritage local, l’efficacité écologique et les valeurs d’interaction sociale, des principes alignés sur les priorités des Nations Unies. En récompensant des structures variées, le prix met en lumière la capacité du design à améliorer la qualité de vie des usagers tout en respectant l’identité culturelle des lieux.
Ahmad Hamad et l’esthétique de la pièce Charlize
Dans le cadre des sélections pour 2026, le travail d’Ahmad Hamad attire l’attention. Architecte et designer formé à l’Université libano-américaine avant d’obtenir un master en design d’intérieur à Milan, Hamad a fondé son studio Exposed en 2014. Après une décennie à concevoir des espaces résidentiels et commerciaux à Beyrouth et à l’international, il a récemment ouvert Eclec, un magasin de meubles situé dans le quartier d’Ashrafieh, un secteur reconnu pour sa richesse architecturale et son dynamisme artistique.
C’est au sein de la collection Scarlet d’Eclec que figure Charlize, une pièce qui redéfinit le mobilier comme une sculpture fonctionnelle. Ce bar se distingue par des courbes audacieuses et des volumes arrondis qui lui confèrent une forte présence physique, s’éloignant des lignes rigides du mobilier conventionnel.
La fabrication artisanale de Charlize, alliée à des surfaces brillantes et une profondeur matérielle, transforme l’objet utilitaire en pièce de collection. Le designer a cherché ici un équilibre entre le mystère de la forme et la fonctionnalité du meuble, traitant l’objet non plus comme un simple accessoire, mais comme un point focal architectural au sein de la pièce.
La vision de la durabilité intelligente selon Jérôme Gouadain
L’intégration de projets comme ceux de Hamad dans un concours architectural global s’inscrit dans une approche interdisciplinaire. Pour le Prix Versailles, la réussite d’un projet se mesure à son impact écologique, social et culturel. Cette philosophie est portée par le concept de durabilité intelligente, qui considère que la préservation de l’environnement doit s’accompagner d’une valeur ajoutée pour la société.

« Dialogue and interconnections between the different aspects of the human environment – from ecology to social relations to culture – pave the way for intelligent sustainable development. More than a mere goal, this offers a wonderful promise of the ability to meet the latest challenges facing the world today. »
Jérôme Gouadain, Secrétaire Général du Prix Versailles
Cette approche suggère que le design ne peut plus être dissocié de son environnement. Qu’il s’agisse d’un bâtiment monumental ou d’un meuble sculptural, l’œuvre doit répondre aux défis contemporains en créant des interconnexions entre l’humain et son milieu. La durabilité intelligente ne se limite pas à l’utilisation de matériaux recyclés, mais englobe la pérennité de l’objet et sa capacité à traverser le temps sans perdre sa pertinence.
L’enjeu pour les finalistes de 2026 sera de démontrer comment leur créativité sert concrètement cette durabilité. Pour des créateurs comme Hamad, cela passe par la valorisation de l’artisanat et la pérennité des matériaux, opposant la pièce de collection à la consommation éphémère. Cette démarche s’inscrit dans une volonté globale de réduire l’empreinte carbone du secteur du design en privilégiant la qualité et la longévité sur la quantité.
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