Le 22 juin 2026, le commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff a interpellé un couple au quartier Khar Yalla pour filouterie d’aliments et escroquerie. Les suspects auraient commandé des plats d’une valeur de 86 000 FCFA pour le deuxième anniversaire de leur fils, sans intention ni capacité de régler la facture.
L’intervention policière a brutalement interrompu les festivités familiales. Alors que les invités étaient réunis pour célébrer l’enfant, les forces de l’ordre ont surgi au domicile pour mettre fin à ce que la police qualifie de manœuvre frauduleuse.
Une commande de 86 000 FCFA et un stratagème frauduleux
L’affaire a débuté par l’appel urgent d’un gérant de restaurant, paniqué, après avoir été alerté par l’un de ses livreurs. Selon PressAfrik, le livreur a remis une commande importante de plats cuisinés d’un montant total de 86 000 FCFA avant de réaliser qu’il était victime d’une filouterie.
L’enquête préliminaire indique que la cliente a mis en place un stratagème spécifique pour tromper la vigilance du livreur et s’emparer des marchandises sans paiement. Une fois les plats réceptionnés, ils ont été servis aux convives présents pour l’anniversaire.
Ce n’est pas un simple oubli de paiement, mais une action orchestrée.
Dans le contexte juridique sénégalais, la filouterie d’aliments se distingue du vol classique. Elle se caractérise par le fait que le service est fourni volontairement par le prestataire, mais que le bénéficiaire, dès l’origine ou au moment du règlement, n’a pas l’intention ou les moyens de payer. Ici, la valeur de la commande, s’élevant à 86 000 FCFA, représente un préjudice significatif pour l’établissement de restauration.
Confessions et dénégations : les versions du couple
Interrogée au poste de police, la femme a rapidement reconnu l’intégralité des faits matériels. Elle a justifié son acte par un dénuement financier soudain, survenu alors que les invités étaient déjà rassemblés pour fêter les deux ans de son fils, comme le rapporte Le Soleil.

Le mari a adopté une stratégie différente. S’il a nié avoir participé à la planification initiale de la fraude, il a néanmoins concédé s’être personnellement saisi d’une partie de la commande. Le point critique réside dans sa connaissance de la situation : il a admis avoir récupéré les plats tout en sachant parfaitement que sa conjointe n’avait pas les moyens de payer la facture.
Cette nuance est capitale pour la qualification juridique de sa complicité. En droit, le fait de profiter d’un bien tout en sachant qu’il a été obtenu frauduleusement peut entraîner la qualification de complicité ou de recel, rendant le conjoint co-responsable des faits malgré son absence de participation à la commande initiale.
L’intervention policière et la mise en garde à vue
L’équipe de police dépêchée sur les lieux a surpris le couple devant le domicile familial, coupant court à la fête en plein milieu des célébrations. L’arrestation en flagrant délit a conduit les deux suspects directement au commissariat de Grand-Yoff.
Selon les informations de Senego, le couple a été placé en garde à vue en raison de l’existence d’indices graves et concordants.
La garde à vue est une mesure de police permettant de maintenir un suspect sous surveillance pour les besoins de l’enquête, empêchant ainsi toute concertation entre les co-accusés ou la disparition de preuves. Durant cette phase, les enquêteurs du commissariat de Grand-Yoff ont procédé aux auditions et à la confrontation des versions du couple et du livreur.

Les charges retenues contre eux sont les suivantes :
- Escroquerie
- Filouterie d’aliments
- Complicité
L’enquête se poursuit actuellement pour finaliser le dossier avant leur présentation devant le procureur de la République. C’est ce dernier qui décidera, sur la base du procès-verbal d’enquête, s’il convient de classer l’affaire, de demander un remboursement pour mettre fin aux poursuites, ou de renvoyer le couple devant le tribunal correctionnel pour répondre de leurs actes.
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